STAND-BY, par Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz

 

Aujourd’hui, je viens vous présenter un petit bijou d’originalité paru aux éditions ZOE en 2018: Stand-By, saison 1, tome 1!

 

Présentation :

 

Vous l’aurez probablement deviné, la singularité de ce texte que je vous propose de découvrir cette fois-ci réside avant tout dans l’audace de sa forme : en effet, Stand-By n’est pas tout à fait un roman comme les autres puisqu’il revisite le genre du feuilleton littéraire, genre qui a connu son heure de gloire au XIXème avec Dickens et Balzac notamment. Ici, la plume des trois jeunes co-auteurs de talent (Aude Seigne, Bruno Pellegrino et Daniel Vuataz) nous invite à vivre une expérience de lecture différente en alliant à la subtilité et la justesse sensible des mots le rythme effréné, à couper le souffle!, digne d’une bonne série.

Cette aventure littéraire est par ailleurs toute récente : les quatre tomes de la saison 1 ont été publiés régulièrement pendant l’année 2018. J’ai hâte de voir comment va évoluer ce projet au cours des prochaines années ! Mais pour l’instant, c’est le tome 1 que je vous propose de découvrir, en espérant que cette petite chronique vous donnera à vous aussi l’envie d’aller vous plonger dans ce texte doucement atypique.

 

Quatrième de couverture :

 

« Lorsqu’un volcan dans la région de Naples entre en éruption, un formidable nuage de cendres paralyse progressivement l’Europe, clouant les avions au sol et brouillant les communications. Sur le point de s’envoler pour New York depuis Paris, Alix Franzen doit revoir ses plans. Au Monténégro, Nora, Vasko et Virgile, trois adolescents, se retrouvent sans adulte et découvrent l’indépendance, grisante et inquiétante. Au même moment, une équipe de jeunes Européens qui accomplissent leur service climatique obligatoire reste bloquée au cœur du Groenland, loin de tout secours.

Voici le récit des premières vingt-quatre heures qui suivent l’éruption. »

 

Dans ce premier tome de la saison 1 de Stand-By, nous suivons donc simultanément plusieurs groupes de personnages à Paris, au Monténégro et au Groenland, avec lesquels nous apprenons à faire connaissance en découvrant par fragments successifs leur histoire, leur personnalité, la raison de leur présence en ces lieux qui leur sont inhabituels… Si certains sont reliés, bien qu’à l’autre bout du monde, par des liens du sang ou des relations amoureuses, ce qui les rassemble véritablement, ce qui fait leur grand point commun c’est bien cette catastrophe en puissance qui les menace tous, cette éruption volcanique qui va venir perturber leurs plans et dont ils ignorent encore relativement l’existence.

Ce livre, qui décrit les trajectoires de ses personnages sur une journée – la fameuse journée de l’éruption – , nous laisse apercevoir en parallèle l’évolution de la situation avec ce volcan réveillé qui par degrés ralentit et bloque le trafic aérien, les communications, tout. Et si les personnages ne mesurent pas encore l’ampleur du problème, nous assistons en tant que lecteurs à sa progression inexorable : le monde, petit à petit, s’arrête de tourner normalement et les protagonistes se retrouvent alors face à un étrange et glaçant constat : bloqués sur place, ils sont désormais contraints d’improviser avec cet état de stand-by imposé et sur lequel ils n’ont aucune maîtrise.

 

Mon avis :

 

Stand-By présente de nombreux points forts. Tout d’abord, celui d’être très encré dans notre époque, en semant son texte de références (réseaux sociaux, faits d’actualité…) qui, si elles paraissent parfois triviales, rendent un aspect très réaliste, très proche de nous. Ces mentions récurrentes de détails de notre quotidien nous rendent donc extrêmement contemporains de cette histoire, elles nous permettent de nous y glisser grâce à une certaine connivence, une proximité, et nous en rendent finalement presque acteurs nous-mêmes : cette histoire, rappelant celle du volcan Islandais de 2010 resté célèbre (entre autre) pour son nom imprononçable, aurait pu être la nôtre.

stand by illustration 1
p.30, illustration pour le premier chapitre au Monténégro … ça plante sacrément le décor !

Autre point fort qui mérite d’être mentionné, les illustrations de Frédéric Pajak qui ponctuent le récit. Elles contribuent à l’ambiance de l’histoire et la retranscrivent avec fidélité et finesse. (Et puis bon … c’est tellement rare de lire un roman qui comporte des illustrations! Quel bonheur d’en découvrir au hasard d’une page tournée …)

Ce que j’ai aimé aussi, c’est la forme du récit en elle même : très rythmée, découpée en de courts chapitres qui jonglent entre les divers groupes de personnages, elle ne laisse aucun temps mort. Et surtout, elle nous permet d’assister à l’évolution de la situation « en temps réel » et à sa progressive aggravation jusqu’à cette scène finale surréaliste où les adolescents, proches de la zone du volcan, s’éveillent au matin en découvrant qu’une pluie de cendres est en train de recouvrir la ville.

L’autre point fort de la construction du roman se lit à travers l’effet de crescendo dans la tension générale, que ce soit la nôtre ou celle des personnages, de la première à la dernière phrase du récit. En jouant avec l’ignorance relative des protagonistes et en ne nous révélant que par flashs ponctuels l’ampleur croissante du problème, elle nous guide  aveuglément jusqu’au climax. Durant toute la lecture, on sent, ON SENT que ça va dégénérer, et le suspens, lui, pose tranquillement ses valises pour s’installer bien à son aise dans les derniers chapitres. Si, comme pour toute série, le premier épisode est celui de la mise en place et débute donc relativement tranquillement, la fin vous laissera fébrile et bien trop curieux de savoir la suite. J’admire cette manière qu’on eue les auteurs de faire monter la pression par étapes durant tout ce premier tome jusqu’au suspens final. Très habile et surtout … très efficace !

Au fond, le seul point faible de ce tome 1, c’est bien que sa suite ne figure pas encore dans ma bibliothèque (et j’ai vraiment, VRAIMENT envie de la lire !)

 

stand by illustration 2
Pour le plaisir, p.70, illustration pour un chapitre au Groenland.

Pour conclure, je dirai que nous avons là un texte vraiment agréable à lire, dynamique, habilement mené, très divertissant et qui risque bien de vous rendre addicts. Je le recommande vivement !

 

 

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il vous a plu ! N’hésitez pas me rejoindre sur Instagram ou à venir découvrir mes précédentes chroniques de lectures sur Voir Venise et Vomir d’Antonio Albanese et Djinn, un Trou Rouge entre les Pavés Disjoints d’Alain Robbe-Grillet !

À bientôt pour un nouvel article !

 

Marie.

Un commentaire sur “STAND-BY, par Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz

  1. Ping : "Stand-by" sur le blog "The Mountain Girl in the City" | Stand-by – la série littéraire

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