Pumpkin Autumn Challenge – seconde partie de ma pile à lire !

Chose promise, chose due ! Je reviens donc, alors que ce premier mois du challenge est déjà bien entamé, pour te présenter d’autres belles lectures qui vont m’accompagner tout au long de cet automne !

Bien entendu, je laisse toujours de la place pour les trouvailles : ainsi, j’ai tout récemment découvert Comment Ecrire de la Fantasy et de la Science-Fiction par Orson Scott Card, publié chez Bragelonne dans la collection essais. Tu peux le retrouver ici : https://www.bragelonne.fr/catalogue/9791028102807-comment-ecrire-de-la-fantasy-et-de-la-science-fiction/ Dans cet essai, qui m’a l’air vraiment très intéressant, l’écrivain nous donne tout un tas de conseils et petites astuces pour aborder l’écriture d’une œuvre de SFFF. Je pense l’ajouter à ma pile à lire du challenge et me plonger entre ses pages très rapidement ! De même, j’attends avec une grande impatience la sortie, fin octobre, du premier tome de la trilogie NeverNight de Jay Kristoff, chez les éditions De Saxus !

Mais à présent, passons à la sélection du jour ! Cette fois-ci aussi, j’ai essayé de te proposer des ouvrages variés afin de satisfaire tous les goûts, toutes les envies. BDs et romans graphiques, du roman, et même un documentaire ! J’espère que tu y trouveras de l’inspiration pour tes prochaines lectures.

La petite pile à lire du jour, toute en couleur !

Midnight Tales, tome 1 : Grâce à son format original (plusieurs récits tracés de la plume de différents artistes), le premier tome de cette série nous embarque pour de petites aventures autours du fameux « Ordre de Minuit », congrégation secrète de sorcières à travers le monde. On y (re)découvre des créatures et lieux légendaires, un régal !

« Quatre bandes dessinées, une nouvelle littéraire et du contenu encyclopédique pour se plonger dans les retranchements de notre réalité, là où les ombres sous notre lit grouillent d’inconnu, de cités érodées par l’oubli et de créatures dont le seul nom évoqué à voix haute provoque la folie. Alors, munissez-vous d’un talisman efficace, et méfiez-vous des coins sombres où le moindre pas de côté peut être fatal. Ne vous étonnez pas, surtout, qu’à la fin de cette lecture, votre réalité ne soit plus tout à fait la même, quand le ciel se peuplera de grands anciens ailés les nuits de pleine lune. »

Du côté de la BD …

Le Cercle du Dragon-Thé, par Katie O’Neill : Je n’ai pas encore eu le temps de dévorer celui-ci, mais cet ouvrage est clairement le tout prochain sur ma liste ! J’ai été charmée au premier coup d’œil par la douceur de ses illustrations toutes colorées comme des petits bonbons acidulés, mais aussi par l’originalité de l’histoire et par la bienveillance qu’il dégage. Il est recommandé pour les 9-12 ans en particulier mais si tu veux mon avis, il n’y a pas d’âge pour s’émerveiller …

« Greta, apprentie forgeronne, découvre une petite créature perdue sur la place du marché. En ramenant le dragon-thé chez lui, elle va rencontrer les deux propriétaires du salon de thé : Hesekiel et Erik. Ces derniers vont alors l’initier à l’art délicat du soin aux dragons-thé. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec eux et avec la timide Minette, Greta va découvrir l’étendue de cet art et comment les dragons-thé enrichissent leurs vies.« 

Monstress, tomes 1 et 2, par Marjorie Liu et Sana Takeda : Acheté il y a quelques temps maintenant dans une merveille de librairie à Stockholm lors d’un voyage, c’est enfin l’occasion de me lancer dans la lecture de ce comics, qui m’avait séduite par la beauté de ses illustrations, grâce au Pumpkin Autumn Challenge !

« Mélange de steampunk et de Kaiju, ce récit se déroule dans une Asie uchronique du début du XXe siècle, dans un univers influencé par le style Art déco. Maika est une jeune adolescente qui partage un lien psychique avec un monstre aux pouvoirs incommensurables. Et ce lien va profondément les affecter tous les deux. Il va placer Maika au centre d’une guerre terrible entre les Humains et des forces issues d’un autre monde…« 

Et du côté des romans/documentaires …

La Maison Hantée, par Shirley Jackson : Un classique du genre, pour les amateurs de frissons, de romans gothiques et d’histoires de fantômes !

« Construite par un riche industriel au XIXeme siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n’est plus habitée par ses propriétaires. On la dit hantée. Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. C’est ainsi qu’Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. L’expérience peut commencer. Mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent … »

L’Horreur à Dunwich, par H.P. Lovecraft : Il fait toujours bon avoir un peu de Lovecraft dans sa pile à lire ! Avec ce court récit (177 pages pour l’édition que je possède), le fantastique et l’horrifique se mêlent une nouvelle fois.

« Dans le village isolé de Dunwich vit l’énigmatique Wilbur Whateley. Fils monstrueux d’une femme difforme et d’un père inconnu, sa naissance et son enfance marquées par d’étranges évènements, Wilbur grandit à une allure anormale. Rejeté par ses semblables, craint par les bêtes, il n’inspire que méfiance et dégoût. Initié par son grand-père à la sorcellerie, Wilbur s’aventure toujours plus loin sur la voie de l’horreur, aidé par le grimoire maléfique qui est à la fois l’objet de sa quête et un passage vers des mondes sinistres et terrifiants : le Necronomicon… »

Les Sorcières, Une Histoire de Femmes, par Céline du Chéné : Et voici un documentaire très intéressant, historique et féministe, qui retrace l’Histoire de la Femme à travers le spectre fantasmé et parfois craint de la figure de la Sorcière … Des procès de sorcellerie du moyen-âge jusqu’aux représentations faites par le cinéma, et enfin jusqu’au symbole de revendication et d’empowerment que l’on connait aujourd’hui, ce livre nous invite à découvrir la grande aventure de la sorcière à travers les âges !

« C’est une histoire de femmes dont les pouvoirs dérangent. Fascinante et attirante pour certains, dangereuse et maléfique pour d’autres, la sorcière a toujours peuplé notre imaginaire collectif. Qu’on lui prête un balai, des potions magiques ou une sexualité débridée, elle suscite tous les fantasmes. Autrefois traquée et brûlée, elle est aujourd’hui une femme de savoir, indépendante et puissante. Mais quel est le lien qui les unit ? Céline du Chéné est allée à la rencontre des sorcières. Elle a recueilli leurs paroles auxquelles se mêlent celle d’historiens, de chercheurs, d’anthropologues, mais aussi de dessinateurs, de critiques de cinéma ou de danseuses … »

Il est encore un peu tôt pour te faire un premier compte-rendu de lectures, mais ça avance, ça avance ! Tu pourras d’ailleurs bientôt retrouver sur https://blog.fnac.ch/expert-litte-polar/marie_allaman/ ma petite chronique de lecture pour La Neuvième Maison de Leigh Bardugo, et pour Shades of Magic de V.E. Schwab, en attendant d’avoir un retours sur une plus large sélection de livres ici !

Je te souhaite de belles lectures et te dis à très bientôt !

Marie.

Pumpkin Autumn Challenge – Première partie de la pile à lire !

 

Cette année, je participe pour la première fois à un challenge de lecture que tu connais peut-être : le Pumpkin Autumn Challenge, et j’en suis toute excitée ! C’est pourquoi je te retrouve pour ce nouvel article, qui inaugure une petite série autour du Pumpkin’, et dans lequel je vais te présenter la première partie de ma pile à lire. Peut-être y trouveras-tu de l’inspiration pour la tienne !

 

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Le Pumpkin Autumn Challenge, mais qu’est-ce que c’est ?

Faisons les choses dans l’ordre : connais-tu le Pumkin Autumn Challenge ? Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un challenge de lecture initié il y a quelques années par Guimause Terrier (tu trouveras son blog ici ), et qui présente la particularité d’avoir pour thèmes tout ce qui touche à l’automne et à Halloween (amateurs de SFFF, horreur, gothique, magie etc… ce challenge est pour vous !). Le but du jeu est de choisir toi-même les livres que tu vas « devoir » lire, en essayant de les faire coller aux thématiques proposées (elles sont nouvelles chaque année). C’est toi aussi qui choisis comment tu vas valider ton challenge et combien de lectures il va te falloir pour cela, bref, c’est un défi totalement personnalisable pour te faire plaisir et enchanter ton automne !

Le challenge commence le 1er septembre et dure jusqu’à fin novembre, tu peux donc tout à fait nous rejoindre en cours de route si l’aventure te tente ! C’est l’occasion de rencontrer une communauté très sympa, unie autour d’une passion commune, avec laquelle on peut échanger et se faire découvrir mutuellement de nouvelles idées de lectures.

Si tu veux toutes les infos pour te lancer, tu devrais jeter un coup d’œil à la vidéo YouTube de Guimause réalisée spécialement pour l’édition 2020 du challenge. Tout ce que tu as besoin de savoir s’y trouve. Je te mets le lien juste ici .

stephen is the king !

Et maintenant, passons à la pile à lire !

Dans ce premier article, je vais te présenter les 6 premiers titres qui figurent dans ma P.A.L. du Pumpkin Autumn Challenge. La suite viendra dans un prochain article, étant donné qu’il m’en manque encore plusieurs et que je me laisse la liberté d’augmenter cette pile de lectures au fur et à mesure de l’automne, suivant l’inspiration et les nouveautés susceptibles de sortir en librairie pendant ce temps.

 

novels palShades of Magic, V.E. Schwab : Ce qui m’a attirée dans ce roman, premier tome d’une trilogie de fantasy young-adult, c’est l’univers qu’il dépeint, avec quatre mondes distincts et marqués par une magie particulière à travers lesquels nos personnages peuvent voyager. Tout un univers de magie très original, que j’ai hâte de découvrir ! « Un autre monde vous attend, là, de l’autre côté du mur… « Découvrez Shades of Magic, trilogie unanimement saluée par la critique, signée d’une jeune auteure prodige, V.E. Schwab. Elle y tisse un univers magique d’une grande originalité qu’elle peuple de personnages inoubliables, insolents de panache, pour le plus grand délice de ses fans. »

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo : ici, place à de l’urban fantasy bien sombre et torturée, saupoudrée de sorcellerie et de nécromancie ! « A 20 ans, [Alex] est la seule survivante d’un massacre inexpliqué, et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Léthé. Cette entité, appelée « La Neuvième Maison », surveille les huit sociétés secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses… Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au delà de l’horreur… » 

Loin-Confins, Marie-Sabine Roger : Celui-ci, je l’ai choisi pour la place unique qu’il accorde à l’imaginaire et au rêve, pour sa nostalgie et sa tendresse sans limite, pour ce merveilleux de l’enfance qu’il ressuscite à travers les sagesses de l’âge adulte. « Il y a longtemps de cela, bien avant d’être la femme libre qu’elle est devenue, Tanah se souvient avoir été l’enfant d’un roi, la fille du souverain déchu et exilé d’un éblouissant archipel, Loin-Confins, dans les immensités bleues de l’océan Frénétique. Et comme tous ceux qui ont une île en eux, elle est capable de refaire le voyage vers l’année de ses neuf ans, lorsque tout bascula, et d’y retrouver son père. »

 

manga palMarry Grave, Hidenori Yamaji : Pour son côté halloweenesque, ses histoires de nécromancie farfelues et cet amour qui survit à tout ! « Dans un monde envahi par les gobelins, orcs, slimes et autres créatures féroces, Sawyer Riseman erre à la recherche des nombreux composants d’un puissant rituel magique capable de ramener les morts à la vie ! Son but : ressusciter sa femme, Rosalie, qui ne le quitte jamais puisqu’il la porte sur son dos dans son cercueil ! »

Little Witch Academia, Keisuke Sato : Pour sa couverture tellement colorée, ses graphismes tout mignons, et parce que les histoires de sorcières on ne s’en lasse pas ! « Depuis qu’elle a assisté à un spectacle de magie de la grande Shiny Chariot, Akko n’a qu’une idée en tête : devenir un jour une sorcière aussi puissante et éblouissante que son idole. Pleine d’espoir, elle suit donc ses traces en s’inscrivant à la prestigieuse école de magie Luna Nova. Mais contrairement aux autres élèves, Akko n’est pas issue d’une famille de sorciers et ne sait même pas monter sur un balais… »

Ce Qui Vient La Nuit, Bétan, Rivero et Ascaride :  Alors celui-ci, c’est le petit ovni de ma pile à lire ! Un roman graphique de fantasy moderne qui tient (presque) dans la poche, et qui revisite le folklore breton… Il n’y avait que les éditions des Moutons Electriques pour y penser ! « Plonger l’épée au coeur des ténèbres, voilà le serment de Jildas lors de son départ en croisade. Lorsqu’il revient en Bretagne, il découvre que sur ses propres terres, les légendes du vieux monde sont encore là, nichées dans les forêts. Accompagné de Marie de France, une poétesse aux mots aussi acérés que sa lame, il traquera les loups qui ont pris forme d’homme. »

 

pumpkinsJ’espère que cette première sélection t’aura plu et qu’elle aura su, pourquoi pas, t’inspirer un peu pour tes prochaines lectures ! Pour les prochains articles de cette petite série sur le Pumpkin Autumn Challenge, je te promets quelques autres pépites de lecture, pour tous les goûts (ou presque). Si tu as des conseils livresques, si tu participes au Pumpkin’ ou si tu as des questions à ce sujet, n’hésite pas à venir en discuter dans les commentaires, ton avis m’intéresse ! En attendant, tu peux également me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu, et venir découvrir mon précédent article : Le Rendez-vous d’Ecriture !

A bientôt,

 

Marie.

 

 

 

Le Rendez-vous d’Ecriture

 

C’est un rituel étrange et confortable, qui me rend nerveuse autant qu’il m’inspire.

On a pris l’habitude désormais : toutes les semaines, se retrouver à la même terrasse du même café, à la même table. On parle peu pour commencer. On s’abrite sous les parasols et après s’être observés à travers les volutes évaporées qui montent de nos tasses, (il aime le cappuccino, moi je préfère le thé à la menthe), on s’abandonne l’un l’autre, stylo au poing, on se préfère les mondes imaginaires qu’on a tracés sur des feuillets sans ligne. C’est OK. Toutes les semaines, on se donne rendez-vous pour écrire.

viennoiseries et café
Prendre des forces avant l’effort. (Photo prise par Jonathan Marc Le Ster)

C’est toujours lui qui lance le minuteur. Pour donner du rythme à la séance, on joue avec les règles de la méthode pomodoro. Ça donne plusieurs fois 25 minutes durant lesquelles personne n’a le droit de parler. C’est lui qui a apporté cette idée, moi j’ai tendance à faire les choses de manière désordonnée. Donc il lance le minuteur, il repose le téléphone au milieu, qui heurte la table dans un hoquet métallique. Entre nous, le décompte s’affiche sur l’écran.

C’est toujours pareil : lui il se met directement à écrire, il noircit des lignes et des lignes sans hésitation, jamais ou si rarement, on dirait que les idées s’enchaînent d’elles-même dans sa tête, comme si une petite voix complice les lui soufflait. Dès le chronomètre lancé, il écrit, écrit écrit, comme s’il avait suffi d’appuyer sur un bouton ON/OFF pour que ça se mette en marche. Parfois je le regarde faire et je le trouve déprimant.

Moi j’ai de la peine à démarrer. La page est toujours blanche quand on commence, j’ai du mal à y repérer le fameux point de départ. Des fois ça me prend dix minutes avant de le trouver. Dix minutes à regarder en l’air, à regarder les gens qui passent, qui font la queue pour une glace à l’italienne sur le trottoir d’en face, à suivre du regard la guêpe curieuse qui cherche le meilleur endroit où se poser. En face de moi la machine à écrire humaine ne cesse de crépiter des mots dans tous les sens, avalant sous sa plume toujours plus de papier. Je me demande comment il fait. Je me demande pourquoi moi je mets autant de temps avant de trouver l’inspiration. J’avais bien une idée en tête, mais les mots pour l’instant ne s’ordonnent pas de manière suffisamment originale. Lui il enchaîne des paragraphes et des paragraphes avec une voracité presque déconcertante. Mais comment il fait ?

Il y a une odeur de gaufres qui flotte dans l’air. Il faudra bien que je me lance. Je sors mon petit stylo à bille bleu. En temps normal j’écris au stylo plume, encre noire, mais aujourd’hui c’est un nouveau cahier, avec des pages en papier recyclé plus épais, granuleux, et j’aime sentir la pointe du stylo s’y enfoncer paresseusement quand j’arrondis une lettre. Ça fait partie de mes petites joies de l’écriture. Tout comme en lecture j’aime sentir l’odeur d’un livre en plongeant mon visage entre deux pages au hasard, passer mes doigts sur la tranche pour y sentir les craquelures de l’usure, lire le tout dernier mot avant le tout premier ; ici j’aime le bruit du stylo qui court sur la feuille, regarder se former malgré moi des constellations de ratures multicolores et effleurer du bout des doigts les reliefs de mon écriture gravée dans le papier.

Les minutes filent, défilent et cette fois j’écris. Sans conviction au départ, mais rapidement je me laisse emporter par mon propre élan et c’est une petite surprise à la fin de m’apercevoir qu’un véritable texte est né pendant ces quelques fois 25 minutes. Un texte pas tout à fait parfait, mais que je pourrai garder bien au chaud avant de lui trouver une place de choix quelque part.

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(Photo prise par Jonathan Marc Le Ster)

C’est étrange et difficile pour moi d’écrire à l’extérieur, et même tout bêtement d’écrire ailleurs que derrière mon bureau. Il y a tellement de distractions, plongée dans un micro-monde différent, une rue, une terrasse où ça fourmille de mille petits riens en permanence. Des bruits, des gens qui passent, un spectacle du quotidien qui ne s’arrête jamais. Rentrer dans sa bulle pour écrire, se forcer à ne pas trop en sortir pour ne pas perdre le fil… C’est ça finalement le but du jeu. C’est ce qui me demande toujours le plus de courage : faire abstraction du monde extérieur, oublier tout pour se plonger en soi-même et n’entendre plus que l’écho de ses propres pensées. Des pensées à travers le désordre desquelles on peut percevoir, à condition de bien tendre l’oreille, le murmure d’une idée de génie.

L’inspiration.

 

Marie.

Mes premiers coups de cœur du Grand Prix Des Lectrices Elle 2020 !

 

Bonjour bonjour !

Cette année, j’ai la chance de faire partie du jury du Grand Prix Des Lectrices du magazine Elle, édition 2020 ! (c’est la première fois que j’ai l’opportunité de faire un truc pareil, autant dire que je n’en suis pas peu fière !) C’est donc pour moi l’occasion de découvrir chaque mois une sélection variée des dernières nouveautés littéraires… un bonheur pour la passionnée que je suis !

Depuis le début relativement récent de cette aventure, j’ai donc endossé le rôle de chroniqueuse, en plus de ceux, déjà possédés, de libraire, apprentie autrice et relectrice pour l’édition, et c’est donc encore une nouvelle manière de pénétrer et explorer cet univers merveilleux qu’est celui du Livre

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un peu de cette équipée livresque à travers quelques premières chroniques, longues ou courtes, écrites dans le cadre du prix littéraire.

Bonne lecture !

 

Le Ghetto Intérieur, Santiago H. Amigorena

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« Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire. 

Ce roman raconte l’histoire de ce silence, qui est devenu le mien. »

 

À travers le Ghetto Intérieur résonne le grondement assourdissant d’un sentiment d’impuissance terrifiant face à l’horreur de ce que l’on nomma plus tard la shoah. L’intimité du point de vue nous fait entrer avec une efficacité douloureuse dans cette histoire familiale bouleversée, comme tant d’autres restées anonymes, parfois oubliées, par la part la plus sombre de l’Histoire.

L’auteur nous livre un cri, mais un cri muet, paralysé par la honte, la colère et la tristesse mêlées. Un chaos intérieur qui ne saurait se dire avec des mots, la révolte du corps qui à la puissance accablante de la douleur protéiforme oppose un silence absolu et déterminé, obstiné, une sorte de mort symbolique. Un refus ultime. Une négation. Car que sont les mots face à l’injustice totale, à la cruauté sans limite contre laquelle il n’est possible d’agir. Que sont-ils lorsque nous demeurons les spectateurs empêchés et immobiles d’abominations. Finalement, que peuvent-ils.

 

Des Hommes Justes, Ivan Jablonka

Attention, celui-là c’est mon énoooorme coup de cœur !

 

grand prix des lectrices elle 4« Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes. »

 

Et voici donc l’ouvrage que l’on attendait. Le nécessaire, l’utile, le juste. Un véritable texte féministe. Car le féminisme vrai, le seul viable, vise à une égalité entre les sexes, à abolir les dominations et les rapports d’exclusion de toutes sortes. Et c’est ce qu’Ivan Jablonka nous propose. Dans ce texte très documenté et clair, l’injustice millénaire faite aux femmes est bien sûr fortement décriée, en décortiquant avec minutie ses racines et ses conséquences jusqu’à nos jours, mais pas seulement : il est aussi question dans cet ouvrage de l’injustice faite aux hommes, la seconde face de la pièce qui accompagne forcément l’autre, en partant d’une idée toute simple : le sexisme ne nuit pas seulement aux femmes, nous en sommes tous, d’une manière ou d’une autre, les victimes.

Il nous démontre comment le sexisme, encore si bien établi dans nos mœurs, empoisonne la condition des deux sexes : car comment vivre heureux/ses dans une société où les unes sont considérées comme inférieures, inaptes, faibles et irrationnelles, et où les autres doivent à l’inverse sans cesse prouver qu’ils sont dignes d’une masculinité jugée privilège en s’interdisant de ressentir, de s’émouvoir, de faillir parfois, en ne connaissant que la force, la violence et la compétition comme manières de démontrer leur valeur en tant qu’individu, dans une société où toutes et tous enfin se construisent à travers une distribution inégalitaire des chances et des devoirs ?

Dans ce texte riche et parfois dur, nous montrant avec une honnêteté crue les injustices faites à tous et toutes, la violence de ces prisons de rôles dans lesquels chaque individu se retrouve enfermé et  accepte ou non ce sort liberticide et les conséquences qui en découlent, Ivan Jablonka parvient malgré tout à conserver un certain optimisme et lance des pistes, des encouragements, des appels pour faire évoluer les choses, nous rappelant que malgré tout, la condition et le bonheur de chacune et chacun demeure, toujours, entre nos mains.

 

Un Mariage Américain, Tayari Jones

 

grand prix des lectrices elle 1« Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain … à ceci près qu’ils sont noirs, dans un Etat sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner. Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de sa vie qu’on lui a dérobé … »

 

Lire Un Mariage Américain, c’est se laisser envoûter par une écriture puissante qui nous offre, à travers le jeu des points de vue changeants, une plongée au cœur d’une histoire complexe et douloureuse de laquelle ne peuvent finalement ressortir ni bons ni méchants. Chaque protagoniste s’y retrouve en lutte contre des obstacles judiciaires et moraux et tente de reprendre le cours de sa destinée avec la liberté, souvent bafouée, qui lui est due.

Dans ce roman où l’injustice tient, à bien des égards, le premier rôle, Tayari Jones a le don de nous plonger avec un réalisme et une sincérité saisissants dans la psyché de ses personnages et de faire entendre leurs points de vue, au-delà des circonstances qui les opposent, comme justes et légitimes.

Ce roman n’est pas de ceux que l’on voit passer sans en garder un vif souvenir, bien au contraire.

Suspendus aux lignes imprimées, c’est le vertige de destins bouleversés que nous contemplons, ces vies qui, touchées par un hasard cruel et déloyal, s’échappent sans retour possible. C’est le naufrage lent et irrémédiable d’existences ordinaires, leur dissolution dans les bras pernicieux d’une injustice abreuvée d’un racisme latent mais toujours présent.

 

Le Couteau, Jo Nesbo

grand prix des lectrices elle 2Harry Hole a réintégré la police criminelle d’Oslo, mais il doit se contenter des « cold cases » alors qu’il rêve de remettre sous les verrous Svein Finne, ce violeur en série qu’il avait arrêté il y a une dizaine d’années et qui vient d’être libéré.

Outrepassant les ordres de sa supérieure hiérarchique, Harry traque cet homme qui l’obsède. Mais un matin, après une soirée bien trop arrosée, Harry se réveille sans le moindre souvenir de la veille, les mains couvertes du sang d’un autre.

C’est le début d’une interminable descente aux enfers : il reste toujours quelque chose à perdre, même quand on croit avoir tout perdu. »

 

Jo Nesbo nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante aux côtés du charismatique Harry Hole, personnage haut en couleurs, aux mœurs parfois détonantes et doté d’un instinct redoutable.

Dans ce nouvel opus de la saga (qui compte ainsi son 12ème tome), nous retrouvons Harry Hole au pied du mur, enlisé dans une affaire qui l’affecte de la plus cruelle des manières et qui le place sur le banc des suspects autant que sur celui des victimes. En prise avec ses vieux démons, étourdi et sans repère au cœur d’un cauchemar éveillé, il doit, plus que jamais seul au monde, résoudre cette nouvelle enquête de laquelle dépend, d’une certaine manière, sa survie.

Dans ce polar saisissant, on se laisse volontiers guider par une intrigue riche de rebondissements et de coups de théâtre, et si parfois les cheminements et déductions auxquels elle souhaite nous conduire peuvent paraître un peu (trop ?) prévisibles, le charme opère malgré tout et le suspens nous porte avec facilité jusqu’au point final.

 

 

J’espère que cette revue livresque vous a plu ! D’autres suivront dans l’année pour vous présenter mes dernières découvertes faites dans le cadre du prix. En ce qui me concerne, ces deux premiers mois de lecture ont apporté leur lot de bonnes surprises, de coups de cœur, malgré quelques textes moins appréciés dont j’ai préféré ne pas partager la critique ici. Vivement la réception des prochains ouvrages !

En attendant, vous pouvez lire ma précédente chronique ici : Un vent de surnaturel a soufflé sur mon été !

Et vous pouvez venir me rejoindre sur Instagram !

Prenez soin de vous, lisez,

et à bientôt !

 

Marie.

Un vent de surnaturel a soufflé sur mon été !

 

 

Bonjour à tous ! Cette fois-ci, plutôt que de vous livrer une chronique relativement longue sur un ouvrage unique, j’avais envie de vous parler de plusieurs de mes dernières découvertes, toutes catégories confondues. Voici donc trois de mes lectures préférées faites cet été, regroupées sous le thème du « surnaturel » ! J’espère que ça vous plaira !

 

Cet été, allez savoir pourquoi, j’ai eu envie de mettre un peu de magie dans ma bibliothèque, un peu de bizarroïde, un peu d’inhabituel et de fantastique dans ma collection de lectures parfois un peu trop sages. Comme une envie de nouveauté, de légèreté ! Alors j’ai ouvert grand les fenêtres, laissé entrer l’air neuf du dehors, histoire de voir un peu ce qu’il allait m’apporter. Nous voici donc avec la petite sélection d’ouvrages suivante, avec respectivement un roman, un essai et un manga ! De quoi satisfaire toutes les envies :

  • Le Dieu Dans L’Ombre, Robin Hobb
  • Âme de Sorcière, ou la magie du féminin, Odile Chabrillac
  • Mes Voisins les Esprits, Shirotori Ushio

 

On commence ?

 

Le Dieu Dans L’Ombre, par la géniale Robin Hobb

éditions ActuF

ete surnaturel 2Quatrième de couverture : « Loin de ses forêts d’Alaska natale, Evelyn est propulsée dans le monde de Tom, son mari, avec son fils Teddy. Coincée dans la vie quotidienne de sa belle-famille, la jeune femme ne se retrouve pas dans la place de femme et d’épouse qui lui est assignée. Fuyant les tâches ménagères et le désœuvrement, elle replonge dans ses souvenirs d’enfance qui oscillent entre nature et poésie, aux côtés de son ami Pan, le faune mystique avec qui elle a grandi…

Lorsqu’il réapparaît, des envies de liberté mêlées de rêves sensuels s’agitent en elle. A mi-chemin entre la civilisation et la nature, sous le couvert des arbres glacés, Evelyn devra faire face à des choix terribles : trouvera t-‘elle  son chemin dans l’ombre ? »

 

Celui-là, c’est mon gros coup de cœur, autant le dire tout de suite. Je ne sais pas par où commencer exactement. Ça faisait si longtemps que je n’avais pas lu de fantasy, et j’ai vraiment adoré ce roman.

Le premier gros point fort pour moi réside dans l’ambiance et le décor : ces longues scènes passées comme dans un rêve dans la forêt sauvage qui nous y apparaît pourtant étrangement familière et protectrice. Tout le roman est profondément marqué par le rapport particulier du personnage d’Evelyn à la nature : sorte d’enfant de la forêt, elle éprouve de grandes difficultés à s’adapter à un environnement plus « civilisé » et rêve d’un retour à l’authentique, à la liberté , un idéal incarné par Pan, créature mythique et ambiguë qui hante Evelyn et marche dans son ombre en réitérant un appel de plus en plus tentant. Et ce rêve vient, progressivement, nous habiter également.

Et c’est là qu’intervient le second point fort de ce roman, à savoir le talent incontestable de Robin Hobb pour nous faire ressentir les mêmes émotions et faire jaillir de simple mots imprimés sur le papier des angoisses, des doutes et des désirs qui nous paraissent si réels qu’ils nous saisissent à la gorge. Petit à petit la magie du roman opère, la lecture devient addictive, le besoin de tourner les pages se fait plus pressant.

Ce livre, je l’ai dévoré en deux jours. Et ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un récit qui sache autant me tenir en haleine, me faire oublier tout le reste dès les premiers mots lus et me procurer un tel sentiment d’évasion ! Ça fait énormément de bien.

Le Dieu Dans L’Ombre, c’est l’histoire d’une quête de soi, d’une personne qui cherche sa place, et au fil des divers événements parfois très douloureux qui parsèment cette lutte intérieure pour choisir entre ce que l’on est supposé être, la place que les autres nous ont laissée, et l’appel déraisonnable et dangereusement tentant de ce que l’on désire au plus profond de soi, se dessine la possibilité à la fois inquiétante et séduisante d’un tout autre monde qui s’offre, d’une existence nouvelle tellement plus riche et vraie.

Je n’ose pas vous en dire plus, de peur de trop en révéler, mais si vous êtes un tant soi peu amateur de ce genre, courrez chez votre libraire ! Courrez, vous ne le regretterez pas.

Je me suis lancée dans ce roman un peu à l’aveugle, sans trop savoir où j’allais tomber et sans soupçonner toute la profondeur que j’allais pouvoir trouver derrière ce récit poétique et passionné. Je l’ai dévoré avec une gourmandise irrépressible et la tête pleine d’interrogations et d’hypothèses, avide de la suite, j’en ai dévalé les dernières pages avec la gorge nouée, et l’ai finalement refermé avec le sentiment d’avoir vécu un incroyable voyage.

 

(aïe aïe aïe, cet article ne sera pas si court que ça, finalement !)

 

Âme de Sorcière ou la magie du féminin, par Odile Chabrillac

éditions Pocket

ete surnaturel 3Quatrième de couverture : « Symbole subversif de la révolte féministe, la figure de la sorcière est de retour, prête à questionner nos choix, notre rapport au monde, à la sexualité, à la rationalité… Et ce qu’elle a à nous apprendre peut changer notre vie !

Sages-femmes, guérisseuses, femmes de pouvoir… les sorcières ont osé défier l’ordre établi. Loin des clichés et du folklore, elles ont laissé en héritage un savoir riche et multiple : célébrer son corps et sa sensualité, se ressourcer dans la nature, utiliser les vertus des plantes, s’ouvrir à l’énergie et à l’intuition… ou autant de pistes pour toucher à la magie du féminin. »

 

Odile Chabrillac signe une ode surprenante et efficace à la femme libérée, en étudiant l’histoire de la féminité, de ses entraves et de sa construction, à travers le prisme singulier et ambigu de la figure de la sorcière.

La sorcière… cette image fantasmée et inquiétante d’une femme libre et sensuelle, toute puissante et surtout, ce pour quoi elle posa le plus problème, maîtresse d’elle même. Cette image qui a nourri les imaginaires et les craintes, qui a inspiré la méfiance d’avantage que le respect et qui, par le mystère et la force d’émancipation qu’elle sous-entend, a souvent été synonyme de malédiction pour la femme, le prétexte justifiant qu’on la surveille, qu’on la punisse, qu’on étouffe encore d’avantage cette rage libératrice et cette soif d’indépendance, désirs légitimes, qui l’agitent. Et cette image qui, finalement, à travers les siècles toujours fascine.

De nombreux thèmes sont abordés dans cet ouvrage, de la conception compliquée de la figure de la femme à travers l’Histoire à la nécessité, aujourd’hui, de chérir et célébrer  cette féminité si longtemps entravée, le respect et la conscience de cette force sauvage, emprunte de mystères et reliée pourquoi pas à des énergies qui transcendent le visible.

Une ode à soi-même, à chacune, un encouragement à s’aimer et à prendre conscience de la valeur et du potentiel qui sommeillent en nous. Un élan libérateur, un souffle nouveau et vigoureux, une voix inspirante qui fait gronder le tonnerre en soi, et le velours savant de la plume d’Odile Chabrillac.

A lire sans plus attendre.

 

Mes Voisins les Esprits, par Shirotori Ushio

éditions Doki Doki

ete surnaturel 4Quatrième de couverture : « Afin de retrouver les Notes Sur Le Royaume Des Morts qui lui permettront d’en savoir plus sur la disparition de sa mère, Yachiho emménage avec son chat dans une vieille maison abandonnée où se passent des choses très étranges. Elle va y faire la rencontre de Moro, un mystérieux esprit qui lui demande de l’aider dans son « travail »… Et la jeune fille n’est pas au bout de ses surprises avec toutes les créatures fantastiques étonnantes qu’elle va côtoyer ! »

 

La quatrième de couverture indiquait également « Une fabuleuse plongée dans l’univers des esprits japonais! », et je ne peux que valider !

Si ce premier tome souffre selon moi d’une entrée en matière un peu trop précipitée et d’un manque de contextualisation (comme c’est souvent le cas lorsqu’on débute un nouveau manga, en fait), cela ne m’a pas empêchée de plonger avec délice dans son ambiance particulière.

Les décors, principalement les vastes pièces de la maison aux murs recouverts de vieilles bibliothèques et transpirants le magique, sont très évocateurs et participent grandement à créer une atmosphère chaleureuse et surnaturelle, en particulier grâce aux lierres, racines et branches fleuries qui jaillissent partout et rappellent constamment ce que le lieu à d’hybride et hors norme, un lieu de passage, de liaison entre la vie et la mort, le réel et le surnaturel (puisque la maison abrite le fameux « passage vers le monde des morts » emprunté par les esprits), avec cette vie sauvage et indomptable qui s’insinue partout et garnit l’espace.

Les dessins sont très doux, les esprits apparaissent sous de multiples formes et présentent tous des caractéristiques bien particulières avec lesquelles nous apprenons à nous familiariser en même temps que Yachiho.

La douceur esthétique et l‘innocence de ce manga sont, à mon sens, ses deux principaux atouts et sont d’ailleurs les raisons pour lesquelles je me suis lancée à sa découverte sans hésiter, mais il est indéniable que ce manga dégage, à sa manière particulière de mêler des histoires de maison hantée et de royaume des morts aux thèmes de la nature et de la forêt, représentés par des créatures aussi étranges que bienfaisantes, une certaine poésie.

 

J’espère que cette revue livresque vous a plu ! Avez-vous lu ces ouvrages ? Venez en parler dans les commentaires.

Vous pouvez retrouver ma précédente chronique de lecture ici : Zéro Déchet, le Manuel d’Écologie Quotidienne – Julie Bernier et venir me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu !

 

Prenez soin de vous, lisez,

et à très bientôt !

 

Marie.

 

Zéro Déchet, le Manuel d’Écologie Quotidienne – Julie Bernier

 

 

Cette fois-ci je viens vous parler d’un ouvrage un peu différent, mais après tout nous sommes là pour partager des lectures qui en valent la peine, alors pourquoi pas ? Aujourd’hui donc, point de roman ni même de littérature, mais un ouvrage très inspirant et motivant, un guide facile et dont le sujet devrait en intéresser plus d’un : Zéro Déchet, le Manuel d’Écologie Quotidienne par Julie Bernier.

 

Quatrième de couverture :

Il est temps de mettre fin au gaspillage et à la détérioration de nos ressources naturelles et de notre environnement, il en va de notre avenir! Qu’il s’agisse des petits gestes du quotidien seul ou en famille ou d’actions plus collectives, ce manuel va nous accompagner de manière informative, pratique et bienveillante, dans nos courses, à la maison – de la cuisine au jardin – , au bureau, à l’école, ou bien en voyage… vers un mode de vie plus responsable, plus économique, plus sain et plus gratifiant.

 

Qu’est-ce qu’on trouve dans ce livre ?

Un  gros point fort de Zéro Déchet,  en dehors de sa manière d’aborder le sujet avec exhaustivité et franchise, c’est sa clarté : le livre se découpe en chapitres traitant chacun d’un domaine particulier de notre vie quotidienne : l’alimentation, l’entretien de la maison, les sorties … tout y passe ! Chaque chapitre s’organise ensuite de la même manière, à savoir :

 

1   On commence par un état des lieux, avec chiffres à l’appui, pour se rendre compte de ce que représente réellement notre consommation, en terme de coûts, de pollution… L’ouvrage se montre toujours honnête et révèle sans fard les conséquences de  notre mode de vie sur l’environnement. Et si la tentation est grande de se dire qu’à notre échelle, en ce qui nous concerne personnellement, notre consommation nous semble raisonnable, le livre nous aide à remettre les choses en perspective et à voir les faits tels qu’ils sont actuellement, même si les chiffres font peur : c’est l’heure, relativement inconfortable mais assurément révoltante, de la prise de conscience.

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Premières pages du chapitre « Notre Salle de Bain Zéro Déchet ».

 

 

 

2   Lorsque le constat est établi et que les principales sources du problème sont identifiées, on passe à l’action ! Le livre vous propose des solutions simples et réalisables pour remplacer les produits jetables et polluants par des substituts écolos et zéro déchet. Il ne vous reste plus qu’à cocher les éléments que vous avez réussi à intégrer à votre routine quotidienne et à songer avec satisfaction à tous les déchets qu’ils vous permettent déjà d’éliminer définitivement de votre poubelle.

davOn trouve aussi, et je trouve ça absolument génial, des recettes et Do It Yourself pour réaliser vous-même vos produits zéro déchet ! Apprenez par exemple à confectionner vos propres sacs à vrac ou toute une série de produits cosmétiques, habituellement chers et polluants, à partir de gel d’aloe vera. En toute simplicité !

Vous trouverez également des conseils sur les produits à éviter et ceux à privilégier, sur les nouveaux réflexes et attitudes à adopter…

 

 

 

 

 

3   À la fin du chapitre, vous trouverez une grille nommée « Tableau d’Actions Zéro Déchet » qui vous permettra, de manière ludique, d’évaluer votre degré d’avancement dans votre quête du zéro déchet, chaque case cochée étant une victoire supplémentaire ! De quoi envisager cette transition écologique de manière positive et pleine de motivation.

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Zéro Déchet prend ainsi le temps d’aborder chaque sphère de la vie quotidienne, de la cuisine au dressing en passant par le jardin ou encore les habitudes liées au travail… et il propose des alternatives plus responsables et respectueuses de l’environnement, et dans la grande majorité des cas, faciles à mettre en place ! Toujours en expliquant ce que l’on gagne à changer une petite habitude confortable et en apparence innocente.

Le message derrière tout ça étant de ne pas culpabiliser pour tous ces gestes écolos que l’on n’arrive pas encore à faire, mais plutôt de se féliciter pour tous ceux que l’on applique déjà, aussi petits soient-ils ! Les grands et durables changements ne s’opèrent qu’à travers la somme de petits actes quotidiens, individuels ou collectifs. Alors n’ayons pas peur de nous lancer !

 

Pourquoi j’ai choisi de vous parler de cet ouvrage

C’est vrai d’ailleurs, pourquoi ? Tout d’abord parce que, comme pour chaque livre dont j’ai pu vous parler sur ce blog, il a été un véritable coup de cœur, c’est une découverte que je suis heureuse d’avoir faite, et une lecture que j’ai dévoré en un clin d’œil.

Mais surtout, c’est parce qu’il traite, avec simplicité et honnêteté, d’un sujet tellement important. Il ne s’agit pas d’un manifeste utopiste ou d’un manuel à l’usage de rêveurs en mal de causes à défendre, mais bien au contraire d’un enjeu qui nous concerne tous. Le défi qu’il nous propose de relever doit être celui de chacun, et si les illustrations colorées et le ton léger en font une lecture divertissante, ce livre ne nous cache rien des réalités actuelles et du péril environnemental auquel nous courrons avec toujours plus d’élan, ni de l’urgence qu’il y a à s’y mettre tous, dès aujourd’hui, pour sauver notre avenir.

Une lecture à placer entre toutes les mains.

 

 

J’espère que cet article vous a plu ! Si vous connaissez déjà cet ouvrage, ou si vous connaissez d’autres lectures sur le thème du zéro déchet, venez en parler dans les commentaires !

Vous pouvez retrouver ma précédente chronique de lecture ici : Un Mal Terrible Se Prépare – Laurent Lussier et venir me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu !

 

Prenez soin de vous, lisez,

et à très bientôt !

 

Marie.

 

 

 

Un Mal Terrible Se Prépare – Laurent Lussier

 

 

Je reviens avec une nouvelle chronique lecture, pour vous parler d’une de mes heureuses découvertes du Salon du Livre de Genève édition 2019. Il s’agit d’Un Mal Terrible se Prépare, premier roman de Laurent Lussier paru en 2018 aux éditions La Mèche. L’occasion de nous plonger ensemble dans un petit bijoux de la littérature contemporaine québécoise. En route !

 

Quatrième de couverture

Ce n’était plus le temps de vivre solitaire, un oiseau gentiment perché sur l’index, car je devais m’attaquer à ce monde avec une lame s’il le fallait, ou à coups de pied, pour le rendre traversable – fini l’ermitage insouciant, faites-vous défricheur !

Un anti-roman d’aventure d’une redoutable ironie, sur fond d’épidémie en forêt.

 

Mon avis

un mal terrible se prépare

Si la couverture d’un vert exubérant attire le regard, le titre retient l’attention. Un Mal Terrible se Prépare… L’idée contraste avec l’image, ce campeur tranquille agenouillé devant un petit feu, casserole à la main, en pleine forêt. Un mal terrible..? La quatrième achève d’éveiller les curiosités, ne voulant rien révéler mais livrant tout de même quelques mots prometteur.

 

Bienvenue donc dans l’univers singulier de ce premier roman de Laurent Lussier ! Vagabondant au cœur de la forêt sauvage pour quelques semaines de camping solitaire, le personnage-narrateur se retrouve conduit, par le hasard des événements, à suivre l’équipe du Réseau d’Urgence Pour la Faune dans ses interventions de sauvetage d’animaux blessés. Mais, si le roman offre à première vue l’impression d’une ode philosophée à la nature sauvage et à la solitude introspective, les attraits d’un texte enchanteur nourri de réflexions diverses sur les beautés de la forêt et d’un mode de vie simple et dépouillé, en totale harmonie avec cette dernière, texte entre les lignes duquel on entendrait presque le bruissement du tapis de feuilles mortes foulé par la chaussure à crampons du randonneur, ne vous laissez pas avoir ! Car derrière ce décor idyllique, d’étranges événements se produisent et le roman vire rapidement au thriller écologique, avec pour toile de fond une épidémie animale d’origine inconnue et les agissements imprévisibles d’un dégénéré errant dans les bois.

 

La traque commence, mais comment débusquer un ennemi invisible dans cette forêt dense où les hommes, finalement plus présents qu’il n’y parait, semblent eux-mêmes retourner à l’état sauvage ? Le roman nous immerge dans son atmosphère particulière, mystérieuse et oppressante, et nous voilà confinés dans l’ambiance trouble, feutrée et presque aveugle des sous-bois, où l’on découvre tour à tour des recoins de paradis, un ruisseau d’eau claire, une cabane dans les bois, et des vestiges inattendus de scènes de saccage terrifiantes.

 

Insaisissable est la nature de la menace qui plane sur l’ensemble du récit, et inclassable se révèle ce texte : oscillant entre les tons, volontiers ironique ou glissant dans des digressions philosophiques,  inquiétant parfois et poétique souvent, tour à tour cynique et rêveur… il n’aura de cesse de vous surprendre et saura vous tenir en haleine, jusqu’au bout.

 

À coup sûr, une lecture qui vaut le détour ! Si j’ai beaucoup apprécié cette ambiance particulière et dépaysante qu’offre le roman, les petites maximes marquant chaque fin de chapitre et regroupées à la toute fin du récit, comme une série d’enseignements essentiels tirés d’événements parfois hasardeux ou relativement anodins, m’apparaissent comme une ultime malice de l’auteur, une petite surprise qui nous laisse là, à la dernière page, avec un sourire amusé aux lèvres.

 

 

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il vous a plu et surtout, surtout, qu’il vous a donné envie d’aller découvrir ce roman !

N’hésitez pas à venir lire ma précédente chronique lecture, La Terrasse Des Éléphants – Raphaël Aubert, ou mon dernier articleÉcriture et Confiance en Soi.

Et si vous avez déjà lu Un Mal Terrible se Prépare, venez m’en parler dans les commentaires !

Vous pouvez également me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu.

 

Prenez soin de vous, lisez,

 

Marie.

 

Écriture et Confiance en Soi

 

 

On se retrouve aujourd’hui pour un article « écriture » qui touche à un aspect plus personnel de la chose, mais après tout écrire ce n’est toujours au départ, qu’une aventure individuelle et intérieure, un défi mené en solitaire. Je voudrais aborder la question du rapport entre la confiance en soi (et surtout le manque de confiance en soi) et l’écriture.

En me basant toujours sur ma seule petite expérience personnelle, j’ai envie de réfléchir aujourd’hui avec vous sur ce que le manque de confiance en soi peut entraîner de conséquences sur l’écriture (et vice-versa !), en espérant que ce témoignage trouvera un écho chez vous !

 

Il est vrai que je parle souvent de l’écriture comme d’un « combat« , d’un « défi » personnel (vous pouvez aller lire, à ce sujet, mon article sur La Peur d’Écrire), et je comprend tout à fait que ces termes puissent intriguer certains pour qui écrire est synonyme de plaisir simple, d’exutoire, de loisir… C’est parce que chez moi, et je sais que je ne suis pas la seule, le fait d’écrire a dépassé le stade de la simple passion ; c’est également devenu une sorte d’ambition, un objectif de vie qui entre en conflit avec mon pire ennemi : le manque de confiance en soi.

J’ai envie de placer l’écriture au centre de ma vie, de la laisser guider chacun de mes pas, chacune de mes décisions, que ma vie soit orientée, toujours et toute entière, vers cette ambition et cette certitude inébranlable : j’ai envie d’écrire, J’AI ENVIE D’ÉCRIRE. Je veux inventer des histoires pour les donner aux autres et ne plus les garder cachées au fond d’un tiroir. Et j’ai envie de le crier sur tous les toits : j’écris ! … Mais je n’ose pas.

Je n’ose pas parce que je n’ai pas confiance en moi, et donc forcément pas confiance non-plus en ce que j’écris. Je ne me sens pas légitime pour en parler, probablement parce qu’aujourd’hui je n’ai encore rien achevé, (je me demande d’ailleurs si ce sentiment serait différent si j’avais déjà terminé mon texte et s’il avait été publié … est-ce que le fait d’avoir accompli quelque chose, d’être allé jusqu’au bout, rend vraiment plus « légitime » pour parler d’écriture ? Je laisse la question en suspens … ), mais surtout parce que je me demande, après tout, qui ça pourrait bien intéresser. Pourquoi mes écrits mériteraient-t’il qu’on parler d’eux, eux qui me paraissent parfois si banals, si simples, surtout en comparaison avec ce que d’autres peuvent écrire …

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Au fond, le problème réside dans le fait que j’ai transféré mon maladif manque de confiance en moi à ce que j’écris, à ce que je crée. Et donc inévitablement, à partir de ce moment là il devient très difficile d’être fière de mes textes. La conséquence directe, c’est que je n’assume pas le fait d’écrire tellement le jugement que je porte sur mes textes est sans pitié, j’en ai presque honte, je cache ce que je crée. Je n’ose pas en parler (mais peut-être par superstition aussi : si je commence à parler concrètement d’un projet qui n’a pas encore vu le jour, alors peut-être qu’il n’aboutira jamais ? Les voies du karma sont impénétrables et j’espère quand même un peu ne pas être la seule tordue à avoir ce genre de raisonnements bizarres…), je n’ose bien évidemment pas partager ça avec mes proches les plus intimes et je n’ose même pas nommer ça comme il se doit : je sais depuis le début (c’est à dire depuis que j’ai appris à tenir un stylo dans le bon sens) que je vais écrire des romans, et je sais aussi pertinemment que ce sur quoi je travaille en ce moment est destiné à être un roman, mais je ne peux pas en parler en le nommant autrement que mon « texte » ou mon « projet », quelque chose de vague et qui ne veut rien dire, qui ne concrétise absolument rien. En disant que j’écris un roman, j’ai l’impression de vraiment trop m’avancer, de m’attribuer un mérite qui n’est pas le mien, de voler quelque chose.

Et donc je m’auto-censure, toute seule comme une grande ! Prise en étau entre mes deux plus mauvais réflexes (à savoir 1- me comparer et 2- accorder une importance démesurée au regard des autres, à ce qu’ils pourraient penser de mal dans l’éventualité potentielle où peut-être-on-ne-sait-jamais ils liraient ce que j’écris), je fais disparaître en quelques sortes ce que je crée et c’est comme si, finalement, ça n’existait pas puisque je n’en parle jamais, jamais jamais, et que même pour moi seule je suis incapable de le nommer correctement sans éprouver une espèce de culpabilité inexplicable.

Moi et ma vieille copine, A.K.A. l’inexistence totale de confiance en soi, on se crève donc à étouffer mon rêve de petite fille : écrire des romans. Et à force, on a presque fini par y arriver ! Mais heureusement, certains rêves se révèlent plus coriaces que d’autres.

 

Je me suis donc secouée. je me suis forcée à aller contre toutes ces manies stupides et contre-productives que j’avais développées (avec un certain talent tout de même. Ça demande un petit effort de créativité de se trouver autant de défauts et de faiblesses au quotidien, et j’aimerais conserver ce mérite-là). J’ai pris la décision ferme que je devais écrire, que je devais y arriver et qu’un jour c’est certain, mon (premier) roman serait achevé.

Dans un premier temps, je me suis forcée à admettre que ce fameux roman futur n’était pas hypothétique mais déjà bien réel : la preuve, j’en tiens les premiers chapitres entre les mains ! Ce n’est pas parce qu’il n’est pas terminé qu’il n’existe pas et que je n’ai pas le droit d’y croire férocement.

Ensuite, j’ai cessé (malgré tout de même quelques petites récidives mais bon, « chassez le naturel … » ) de l’appeler « projet » ou que sais-je. C’est un roman. J’écris un roman, il n’y a pas de mal à ça.

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Sachet de cartouches d’encre vides, ou de l’intérêt des trophées personnels d’écriture.

Je me suis aussi imposé des objectifs ou quotas d’écriture à atteindre chaque mois, mais toujours des objectifs réalisables, le but n’étant pas de me décourager mais bien de me prouver que je peux y arriver en m’accrochant un peu. Et quantifier la progression de mon texte, en comptant les pages supplémentaires par exemple, apporte quelque chose de très positif. L’évolution devient visible et je m’amuse maintenant à battre mes scores d’écriture des mois précédents !

J’arrête également de juger mon propre style. Au lieu de bloquer sur une virgule avec insistance en me demandant ce qui cloche (jusqu’à arriver à l’inévitable conclusion qu’après tout, qui me dit que ce n’est pas l’intégralité du truc qui cloche, hein ? HEIN ??), j’écris, j’écris, j’écris. J’entasse les pages noircies, j’avance, on verra plus tard pour les corrections et le perfectionnement.

Et enfin, j’apprend à partager un peu. Avec quelques personnes de mon entourage, (un ami d’enfance toujours de bon conseil et mon copain qui, sans doute aveuglé par les yeux de l’amour, est toujours débordant de compliments pas forcément très constructifs mais en tout cas très bon pour l’égo !), mais aussi avec vous, à travers ce blog et les réseaux sociaux. Et laissez-moi vous dire que c’est bon de se sentir entourée, de pouvoir échanger, pour sortir un peu de la solitude que c’est, parfois, d’écrire contre des angoisses.

 

Petit à petit, j’ai ravivé mon envie d’écrire en accordant enfin le droit d’exister à mon roman. J’arrive à reprendre confiance en ce que j’écris, et je me place désormais dans un cercle vertueux qui me pousse à poursuivre et à croire, plus que jamais, que mon but est réalisable. Et si certains jours je perds à nouveau confiance, je m’accroche un peu plus fort et je garde bien en tête l’objectif que je me suis fixé et que je n’ai désormais plus peur, enfin un peu moins, d’affirmer : « j’écris un roman ».

 

 

J’espère que cet article vous a plu et que cette thématique, explorée à travers ma seule expérience personnelle, aura éveillé chez vous de l’intérêt, que peut-être vous vous serez reconnus, d’une manière ou d’une autre, dans ce témoignage ! N’hésitez pas à vous joindre à la réflexion dans les commentaires et à venir me rejoindre sur Instagram !

 

Prenez soin de votre créativité,

 

Marie.

Routine d’Écriture : Ces Petits Détails Innocents Qui Impactent l’Inspiration

 

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un peu de mon quotidien et de mon expérience d’écriture, à travers la liste (non-exhaustive !) des choses qui ont une réelle influence sur ma capacité à écrire. Vous savez, ces petits bouts de rien qui ont le don de prolonger la grâce de l’inspiration ou au contraire de la bloquer brutalement. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans cette liste partiellement farfelue, et peut-être aurez-vous envie d’y ajouter d’autres éléments !

 

L’écriture pour moi se fait toujours par sessions denses, et c’est avant tout une affaire d’ « élan« . En général c’est l’inspiration qui vient me cueillir et qui m’emporte sur une lancée, et me voilà alors partie pour écrire des pages et des pages, sans les sentir passer, jusqu’à ce que d’un coup ça s’arrête. Plus d’énergie, plus d’envie, plus d’idée. C’est bien une question d’élan oui, un élan d’écriture soufflé par l’inspiration mais qui parfois, sans que je sache véritablement pourquoi, s’essouffle de lui même et me laisse là, plus tôt que je ne l’aurais espéré, incapable d’écrire encore quoi que ce soit qui tienne la route.

Au fil des sessions d’écriture, parfois fière de pouvoir compter autant de pages supplémentaires à la fin de mon effort et parfois déçue de n’avoir pu produire qu’un maigre paragraphe qui de toute manière ne me convient pas, je me suis interrogée sur ce qui pouvait expliquer de telles fluctuations dans ma production écrite. Et si j’ai pu réussir à identifier certains de mes alliés dans cet exercice créatif complexe, j’ai également appris à reconnaître certains de mes ennemis

Je ne vous parlerai pas ici de conditions physiques ou psychiques propices ou non à l’écriture, n’étant pas particulièrement renseignée à ce sujet (cependant, si la question vous intéresse, je vous conseille d’aller lire l’article en deux parties Il y a-t-il un moment idéal pour tout ? sur la question de la chronobiologie et des moments plus propices à la créativité, sur le génialissime blog PaperBackWriter, source d’inspiration et de conseils en matière d’écriture). Dans cet article ci, je vous parlerai plutôt de ces éléments du quotidien qui n’ont l’air de rien mais qui pourtant jouent un rôle (pas forcément bénéfique !) dans le processus créatif. Évidemment, il s’agit d’une liste basée sur une expérience personnelle, mais peut-être pourra-t-elle vous éclairer et vous aider à identifier ce qui vous bloque ou vous encourage dans l’écriture.

 

 

Ce qui me booste !

 

1 – Les vidéos et tutos écriture sur Youtube

Comme je vous l’ai dit, en ce qui me concerne l’écriture demande un élan d’inspiration. Et ces petites vidéos constituent justement pour moi de véritables sources d’inspiration, j’aime les ondes positives qu’elles dégagent, cette injonction sourde à se bouger et à oser écrire qu’elles transmettent, et j’aime l’idée d’un partage et d’un échange autour des différentes expériences d’écriture. Ma chaîne préférée est très certainement celle de Samantha Bailly, autrice professionnelle qui sur sa chaîne parle de nombreux sujets très utiles et nous rend accessible et familier un univers qui peut paraître intimidant. En bref, à chaque fois ou presque que je regarde une de ces vidéos, je suis prise d’une impérieuse envie d’écrire, je suis remontée à bloc ! Très bon pour déclencher des sessions d’écriture productives.

 

2 – L’encre noire

Bon là pour le coup c’est vraiment un grigri personnel. Mais l’écriture est pour moi intimement liée aux sensations, et donc en plus d’un papier si possible doux et SANS LIGNE, je préfère écrire à l’encre noire avec LE stylo plume qui va bien. Ça me paraît plus singulier, bizarrement plus « noble » que l’encre bleue habituelle (et ça donne un côté plus dramatique à mes ratures). Et en parlant de grigris …

 

3 – Le thé

Même si une fois lancée j’oublie complètement de le boire 9 fois sur 10. Sorry not Sorry.

 

4 – Tenir mon manuscrit entre mes mains

Même s’il est encore assez court, sentir concrètement l’épaisseur de ce que j’ai déjà produit, contempler le chemin déjà parcouru, ça me donne l’envie d’en rajouter encore un peu. Cette volonté d’épaissir encore un peu plus le tas de feuilles noircies, c’est presque une forme de gourmandise.

 

5 – Les notes confuses

Oui parce bon, soyons honnêtes, elles ne sont jamais autrement que confuses, ces notes éparpillées dans les divers carnets qui m’entourent et m’accompagnent. C’est même souvent à la limite du schéma verbal, un absolu charabia pour quiconque espérerait me relire. Mais en attendant, elles me permettent de rebondir sur quelque chose et de prolonger encore un peu ma session d’écriture lorsque je sens que mon élan commence à s’essouffler, que je perds un peu l’inspiration. Elles sont comme une bonne idée qu’on viendrait me souffler à l’oreille. Bref, merci les notes confuses !

 

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Ce qui me bloque …

 

1 – La musique

Ça va sembler bizarre à la majorité d’entre vous, je sais, parce qu’on a souvent tendance à accompagner une pratique créative avec de la musique. Mais moi je ne peux pas. Vraiment je ne peux pas. Et pourtant qu’est-ce que ça doit être bien de pouvoir se laisser porter par le son quand on écrit, et de se demander à la fin si le morceau qu’on a écouté n’a pas un peu imprégné de son ambiance particulière le texte nouveau qu’on vient d’achever… Mais moi sincèrement je ne peux pas. S’il y a de la musique, alors je ne peux pas m’empêcher de l’écouter et de ne faire exclusivement que ça. Sans silence parfait, pas de concentration pour moi (oui, c’est frustrant).

 

2 – La contrainte du temps

Impossible d’écrire correctement si je sais que mon temps est limité, que je n’ai qu’une trentaine de minutes ou une heure devant moi. Il faut que je me sente libre de traîner sur la feuille, sinon j’ai l’impression qu’il faut que je produise tant de lignes en tant de temps et cette espèce de course à la productivité, cette idée qu’il faut rentabiliser cette session limitée, ça me rend folle. Autant aller faire autre chose, je ne suis pas esclave du chronomètre.

 

3 – L’ordinateur

Pour moi qui suis probablement un des derniers dinosaures à n’écrire que sur le papier, quitte à devoir tout retaper par la suite, l’ordinateur est définitivement le pire support au monde pour créer ! Non, sérieusement, ce grand rectangle tout blanc et lumineux, purement impersonnel, trop propre (où sont les ratures ? Les gribouillis ? On perd tout l’intérêt là !) et qui paraît vide même une fois rempli de mots, ça tue la moindre inspiration qui serait susceptible de me venir. Je veux bien que ce soit plus pratique, mais cette froideur numérique m’est vraiment hostile. Tant pis pour moi.

 

4 – Un intrus dans la pièce

Celui-là fait un peu titre de film d’horreur, mais croyez-moi c’est bien une de mes pires angoisses quand j’écris. Il faut que je sois seule, qu’on ne vienne pas me parler sinon c’est la distraction assurée, et l’instinct de pipelette qui sommeille en moi se manifeste à tous les coups, et pendant ce temps c’est l’écriture qui n’avance pas, et l’inspiration qui repart loin-loin-loin. Non, dans ces cas-là, c’est prière de ne pas déranger. Je peux aussi me transformer en une sorte de Jack Nicholson dans Shining, c’est à dire que je peux vraiment mal le prendre si quelqu’un commet l’imprudence absolue de me faire perdre le fil.

 

5 – Internet

On termine avec le boss final des ennemis de la productivité, le fléau total. C’est trop de distractions, trop de tentations… Et moi je suis faible. Laissez-moi donc aller lire cet article sur la meilleure manière de me maquiller les yeux en fonction de la couleur de mes chaussettes, l’écriture de mon roman peut bien attendre.

 

 

J’espère que cet article vous a plu ! Si vous vous reconnaissez dans cette liste, ou si vous avez d’autres manies d’écriture, n’hésitez pas à venir les partager en commentaire !

Je vous invite à découvrir mon précédent article sur le même thème, La Peur d’Écrire, et à venir me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu !

À bientôt,

Marie.

 

 

La Terrasse Des Éléphants – Raphaël Aubert

 

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un absolu coup de cœur littéraire, d’un texte qui m’a touchée comme très peu d’autres ont su le faire, mêlant rêveries nostalgiques et réflexions profondes sur ce qui, finalement, guide nos vies. Aujourd’hui, je viens vous parler d’une quête sentimentale bouleversante et sublime qui ne pourra que vous emporter dans son tourbillon vertigineux, si poétique et pourtant si juste, si sincère. Aujourd’hui je vous donne rendez-vous, en espérant que mes mots rendront justice au chef d’oeuvre de Raphaël Aubert, à La Terrasse des Éléphants. 

 

Quatrième de couverture :

« Se déroulant sur près d’un demi-siècle en Suisse, en France, au Cambodge et au Vietnam, « La Terrasse des Éléphants » est le roman de la rencontre et du destin.

Un homme et une femme, qui se sont connus dans leur enfance et ne se sont plus jamais revus durant de longues années, peuvent-ils demeurer liés ? Qu’est-ce qui, en dépit de tout, unit les êtres ? Est-on maître de sa vie ? Ou n’est-ce encore qu’une illusion ?

Le héros de « La Terrasse des Éléphants », Raphaël Santorin, a été correspondant de guerre au Vietnam où il a assisté à la fin du régime de Saigon. Alors qu’il est parvenu à un âge où l’on dresse le bilan de sa vie, ce passé, malgré les années écoulées, continue de le hanter. Un rêve le ramène aux Hautes Terres, la maison familiale qui a tellement compté dans sa vie, où il est conduit à une étrange découverte. Elle fait resurgir du néant la figure de Laure, le grand amour de son enfance. Dès cet instant les événements vont s’enchaîner mystérieusement jusqu’à lui faire remettre ses pas dans ceux du passé. »

 

Mon avis :

Ce qui m’a attirée en tout premier lieu, c’est la poésie du titreLa Terrasse des Éléphants… Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça signifie ? Rien que ça, ces quelques mots énigmatiques, ça m’a intriguée et déjà fait voyager.

Et ils préfiguraient très bien ce que j’allais retrouver du début à la fin du roman : l’idée d’un voyage poétique et sentimental, à travers le monde certes, mais surtout à travers le temps.

Car du temps, il s’en passe dans ce touchant récit qui se déroule sur pas loin d’un demi-siècle ! On se laisse bercer, tout d’abord, par les allées et venues entre le présent d’un homme ayant atteint l’âge de raison et le passé de souvenirs provenant d’époques diverses auxquels s’accrochent, toujours, le visage de personnes ayant compté.

Et puis, au détour d’une de ces réminiscences qui déjà semblent être reliées par le recel commun d’un mystère enfoui, le visage de Laure surgit, le premier amour de Raphaël jamais véritablement oublié. Alors se produit un déclic. Le personnage se lance donc à la recherche de son amour d’enfance, peut-être bien d’ailleurs de son vrai grand amour. Seulement, quarante années se sont écoulées entre temps. Au cours de cette enquête pour retrouver les traces de Laure, le passé révèle ses trames complexes, ses coïncidences et ses actes manqués, tout ce qui, mystérieusement, a œuvré pour garder ces deux destins curieusement liés.

Je l’ai déjà dit il me semble, mais rarement une lecture m’aura autant touchée que celle de La Terrasse des Éléphants. Bien-sur, l’élégance du style de l’auteur y est pour beaucoup : tout est vécu dans ce roman comme dans une sorte de rêve feutré, adouci par le voile jeté sur les événements du passé, et on touche presque par moments (notamment avec le récit du fameux été de la rencontre avec Laure) à de petits bouts de paradis perdus. Et en même temps, les émotions y sont si vives, si perçantes et si justes, nullement atténuées par le temps qui passe. Un très beau contraste qui met en valeur la sentimentalité derrière chaque chose.

Mais je crois que c’est plus que ça. Ce livre ne vous invite pas simplement à suivre les sinuosités futiles d’une rêverie nostalgique, il n’est pas là pour faire l’éloge naïf d’un passé heureux mais révolu qu’il serait de bon ton de se remémorer avec une certaine nuance de regret impuissant, non. Ce livre propose, à travers un personnage hanté par le souvenir tenace d’une part de son enfance qui aurait dû – il le pressent – trouver son prolongement dans sa vie d’adulte, de démêler les fils du destin, de rattraper les moments heureux que ce dernier lui a fait manquer et de découvrir ce vers quoi, finalement, sa vie devait le guider, Laure, le rivage auprès duquel ce même destin, inlassablement, avait choisi de le reconduire. C’est puissant, c’est beau, et ça fait réfléchir sur les chemins que l’on choisit tous, constamment, d’emprunter. En espérant que ces trajectoires et ces bifurcations vous ramènent, vous aussi, jusqu’à votre rivage.

 

Conclusion :

Une lecture bouleversante et sublime autour d’un vertigineux jeu de la destinée, voilà ce que vous trouverez en lisant La Terrasse des Éléphants. Si vous ne connaissez pas encore cette oeuvre, foncez. Allez découvrir ce très beau texte et offrez-vous un moment de grâce.

 

 

La Terrasse des Éléphants de Raphaël Aubert, paru aux Éditions de l’Aire en 2011, collection « L’Aire Bleue ».

 

 

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