Commencer un nouveau projet d’écriture : hâte, peur, excitation

Je dois reconnaître que j’avais un peu commencé à l’oublier, ce sentiment. Ce mélange particulier de hâte, de peur et d’excitation quand tu te dis : « ça y est, j’ai cette idée en tête et je vais lui donner vie ». Un nouveau projet. Un nouveau roman. Frénésie qui ne sait pas ce qu’elle veut au juste, ce qu’elle cherche. Qui ne sait pas par où commencer, par quel bout attraper le truc. Et c’est vrai qu’on peut aussi bien appeler ça un « truc », parce que (en ce qui me concerne en tout cas), rien n’a jamais aussi peu de forme définie qu’une idée comme ça, qui me vient un beau jour et qui demande à ce que je l’écrive. C’est ce qui m’arrive en ce moment. Je vois le « truc », je vois de quoi il pourrait parler, et en même temps je ne sais pas du tout quelle forme lui donner. Il faut tout faire à partir de rien, tout créer, tout construire à partir du plus abyssal et angoissant des vides : la page blanche. Une page vierge, une étendue infinie de papier qui attend d’accueillir les idées qui viennent, absolument toutes les idées possibles. Parce qu’en cet instant tout est possible, avant que l’étau ne se resserre à mesure que tu écris. Tu peux créer n’importe quoi.

Il y a eu une nuit, il y a quelques semaines de ça, où je n’ai pas réussi à fermer l’œil. Du tout. Je suppliais pour parvenir à m’endormir, que mon cerveau s’arrête de tourner aussi vite, et pendant ce temps un schéma était en train de se dessiner en coulisses. Les visages de nouveaux personnages, les nœuds qui les relieraient bientôt. Leurs problèmes. Leurs désirs. Leurs souvenirs d’enfance. Tout. Le soleil s’est levé et j’étais prête. J’ai gardé cette idée en moi pendant quelques jours, le temps de l’apprivoiser un peu, de la jauger, de voir si une fois l’excitation passée j’avais toujours envie de m’engager sur cette voie-là. Et au bout de quelques jours, une semaine, je me suis décidée. J’ai acheté un cahier tout neuf et je me suis mise au travail.

Mais par où commencer ? Sur la première page j’ai écrit « concept global », puis une dizaine de lignes pour décrire en gros à quoi ressemblerait ce nouveau projet. Pas pour m’y tenir, mais pour garder une trace. Pour retrouver la racine, le point initial, si un jour je me perds.

Ensuite, une liste intitulée « les thématiques », avec un certain nombre d’idées pour revenir piocher plus tard. Les liste, j’adore ça. C’est d’ailleurs l’un des symptômes majeurs de mon enthousiasme, et c’est pourquoi on en retrouvera beaucoup (beaucoup beaucoup) dans ce cahier. Quelques notes diverses, des pensées pour plus tard. Et puis je me suis mise à parler de l’un de mes personnages, que je vois déjà assez clairement parce que je lui ai ressemblé, un jour. C’était presque des retrouvailles.

Et puis j’ai tourné la page et commencé d’autres listes : liste de péripéties et d’évènements possibles, liste de lieux, liste de personnages secondaires… Je reviendrai par la suite piocher dedans, ou peut-être pas. C’est là de toute façon. En grattant ces bribes d’idées sur le papier, le projet doucement prend forme. Certains éléments se précisent déjà nettement, d’autres (la majorité) sont empêtrés dans un flou presque opaque qui ne me gêne pas pour le moment. Le voile se lèvera en temps voulu pour révéler la solution, je me dis, en attendant continuons à écrire là où les images se forment. C’est ça, écrire : chercher des réponses à des énigmes qu’on se fabrique soi-même. Et parfois d’ailleurs, la réponse vient avant la question.

Petits pas par petits pas, j’avance, je défriche. Et j’ai la sensation de suivre le même parcours que quelques années plus tôt, quand je réfléchissais à mon premier roman et que tout ne tenait encore que sur quelques feuilles volantes. Je retrouve mes marques.

Quand cette première vague d’inspiration est couchée sur le papier, bien à plat, quand ce premier élan est retombé, c’est le moment de me mettre dans ma bulle. Je ressors mes méthodes d’écriture, dont L’Anatomie du Scénario de John Truby, pour y chercher des conseils qui vont m’inspirer, me donner à réfléchir à des éléments auxquels je n’avais pas pensé. Je prépare des fiches, je trace des frises chronologiques que j’oublierai de compléter par la suite. Je lis des interviews d’écrivains, j’écoute des podcasts sur le sujet. Je m’enferme là-dedans, cherchant aide, conseils et témoignages partout où il est possible d’en trouver. Je regagne le monde merveilleux de l’écriture et de ceux qui la pratiquent, galvanisée par le spectacle de l’histoire qui se crée sous mes yeux et je me dis : « c’est là qu’est ma place ».

Merci de m’avoir lue ! De nouveau, j’avais envie de te partager un peu de mes aventures sur le thème de l’écriture, une activité qui est depuis si longtemps une vraie passion pour moi, et je dois dire que je prend plaisir à écrire pour toi ces petits textes. Tu peux en découvrir d’autres sur cette thématique dans la rubrique « écrire » (https://themountaingirlinthecity.com/category/ecrire/) du blog, et aussi venir partager ta propre expérience dans les commentaires. Je te prépare pour bientôt la suite d’un précédent article nommé « Quand tu confies ton roman à ses tout premiers lecteurs », où je te parle d’oser sauter le pas, de bêta-lecture, d’attente et de confrontation aux regards des autres ! J’espère que ça te plaira. Tu peux aussi me rejoindre sur instagram : https://www.instagram.com/themountaingirlinthecity/?hl=fr

A bientôt,

Marie.

Écrire : quand tu confies ton roman à ses tout premiers lecteurs #1

Un jour, il faut bien se jeter à l’eau.

Un jour oui, et même si ça fait peur, il faut autoriser ton roman, ce texte qui est d’une certaine manière la chair de ta chair, que tu as enfanté dans la douleur et l’exaltation, que tu as nourri de tes névroses les plus absurdes, qui t’a obsédé/e nuit et jour pendant des mois, pendant des années, bref… il faut autoriser ton roman à sortir de ce tiroir où tu le gardais à l’abri du monde entier pour qu’il aille rencontrer son tout premier lecteur. Si comme moi tu ambitionnes de le voir un jour publié (édition traditionnelle ou autoédition, peu importe), c’est un passage obligé.

Je m’en souviens. Pour moi, ça s’est passé un soir de mai 2021. Il était environ 19h, et comme presque tous les jours j’étais enlisée dans une interminable séance de corrections de mon roman : j’intégrais au texte toute une série de modifications que j’avais préparées durant la relecture précédente, et j’avançais lentement de page en page sans me rendre compte que j’allais finir par en voir le bout. Et pourtant, tout à coup, je suis arrivée au point final. Je me suis exclamée (parce que oui, je parle toute seule) « bon ben ça y est, j’ai fini de corriger ! » toute contente de moi. Ok, super, la correction c’est fait, mais ensuite… Qu’est ce qui vient ensuite ? Jusque là il y avait toujours eu au moins une étape suivante. Après l’élaboration du plan la rédaction, puis une première relecture, une liste de choses à modifier, une petite révision du plan, puis une autre relecture, et encore une, avec des vagues de nouvelles corrections à intégrer à chaque fois, de nouveaux chapitres à penser… Et c’était très confortable de pouvoir se dire que tout va bien, il y a encore plein de choses à faire, et qu’on est encore bien loin d’avoir terminé et de devoir s’inquiéter de ce qu’il faudrait décider pour la suite. Sauf que là, tout à coup, en ce soir de mai, c’était terminé.

Et maintenant ?

Je savais déjà depuis quelques temps que j’avais envie que ce roman soit un jour publié, alors finalement la décision est arrivée assez vite, elle s’est presque prise toute seule. Tout d’abord, enfin juste après avoir vérifié 50 fois que j’avais bien enregistré cette version « finale » de mon roman sur toutes les clés USB qui pouvaient bien trainer à la maison, j’ai fait quelques recherches rapides sur internet quant à la meilleure manière de protéger mon roman (propriété intellectuelle etc.). Puis j’ai écrit à quelques amis (vraiment très peu) en qui j’ai une totale confiance pour leur demander s’ils seraient prêts à lire mon roman et à me faire par la suite quelques retours, me dire d’un point de vue de lecteur ce qu’ils ont apprécié et surtout ce qu’ils n’ont pas apprécié, et pourquoi. En quelques minutes à peine, ils m’ont répondu qu’ils étaient partants ! Youpi !

Pour ce qui est de la protection du manuscrit, j’ai opté pour la solution la plus simple : je me suis envoyé mon roman dans un courrier daté que je n’ouvrirai pas (sauf en cas de litige). On peut utiliser cette technique par courrier postal ou par email (l’important étant la date mentionnée de l’envoi, le courrier devant rester fermé pour prouver que son contenu n’a pas été altéré), et même s’il existe d’autres solutions pour protéger son œuvre, c’est ce qui m’a paru sur le coup être le plus rapide et le plus adapté. J’étais dans un tel état d’excitation que je ne voulais pas attendre. Là au moins, c’était immédiat ! (Depuis, je suis allée déposer mon roman chez un notaire, ce n’est pas obligatoire mais ça reste le moyen le plus sûr, et il fallait bien ça pour apaiser ma paranoïa. Le dépôt chez un notaire assure une protection de l’œuvre pour une durée de 25 ans. Un délai largement suffisant pour arriver jusqu’à la publication du roman !)

Bien, le roman est protégé. Maintenant, le plus dur reste à faire : l’envoyer aux quelques personnes de confiance qui vont avoir le « privilège » de le lire les premiers. Bon bon. Mon roman est en pièce jointe, quelques lignes pour les remercier encore et m’excuser de leur demander ce service, bien leur rappeler d’être aussi sévères que nécessaire, bisous, signature… Il y a le bouton « envoyer » là, juste là, à droite de l’écran. Il suffit de cliquer. Oui vraiment, après tous ces efforts, après ces longs mois, ce n’est plus que l’affaire d’un simple clic et c’est ça qui me semble le plus difficile. Le cœur qui tambourine fort, les paumes moites de sueur.

Allez, inspire à fond

et clique.

La suite de l’aventure dans un prochain article !

J’avais envie de te partager un peu de mon épopée vers la publication à travers mon blog. Il s’agit d’un tout premier roman, et je ne suis en aucun cas une professionnelle ou une experte quelconque dans le domaine. Je n’oserais pas te donner des conseils en matière d’écriture ou de choix éditoriaux, puisque je découvre moi-même de jour en jour ! En revanche, je trouvais ça sympa de pouvoir partager un peu mon petit vécu, pour que tu puisses suivre toi aussi cette aventure étrange. J’écris des histoires depuis que je suis toute petite, et mon rêve depuis toujours c’est de publier un roman (ou même tout un tas !). Ces derniers mois, depuis que j’ai terminé la fameuse correction de mon manuscrit, j’ai vu les choses s’accélérer, et je commence presque à me dire que ce rêve est atteignable. Donc autant t’embarquer avec moi dans l’aventure et te faire profiter du voyage !

Tu retrouveras bientôt la suite de cet article, où je te raconterai un peu la phase dite de « bêta lecture », les premiers avis des proches…

Si tu as des questions, ou si tu veux partager ton expérience de l’écriture, n’hésite pas à venir le faire dans les commentaires !

D’ici là prend soin de toi, à bientôt !

Marie.

Quand les rêves et les cauchemars se côtoient

Qui n’a jamais rêvé de changer de vie ? Avec 5-15-19-43-47, Laurent Corric signe un premier roman intense et prenant, un récit à toute allure où rêves et cauchemars se côtoient…

« Quand le destin dynamite des décennies d’habitude, c’est une nouvelle vie qu’il faut construire. Pascal Mandragout, expert-comptable depuis toujours, résigné mais heureux, découvre alors que la richesse n’est pas un gage de réussite, qu’il lui faut apprendre les codes et les contraintes d’un nouveau statut, au risque de se fourvoyer et de constater que l’enfer n’est jamais très loin du paradis que l’on pensait trouver. »

Que se cache-t-il derrière ce titre énigmatique ? Avant même de débuter la lecture, il m’a fait penser à des coordonnées, pourquoi pas à un numéro de billet de train… Cette succession de chiffres qui à première vue ne veulent rien dire m’emmenait déjà vers un ailleurs inconnu, faisant naître dans mon imaginaire les images d’un grand voyage. En réalité, ce voyage que j’avais pressenti se révèle essentiellement immobile : ici, et malgré les paysages de paradis que l’auteur nous dépeint au fil de son roman, rien ne compte plus que les grands bouleversements intérieurs.

Que se passe-t-il quand tout notre quotidien se trouve métamorphosé ? Comment composer avec ce grand basculement ? Comment ne pas se perdre soi-même lorsque les fondements de notre existence et nos repères nous sont enlevés ? Dans ce roman très humain, Laurent Corric nous livre l’épopée intérieure d’un homme dont la vie entière va brusquement changer, et je dois dire qu’entre le style mordant et dynamique de l’écrivain et le choix d’un héros de l’ordinaire en lequel chacun peut parvenir à se reconnaître, il est très difficile de ne pas se laisser complètement embarquer. Combien de fois au cours de ma lecture me suis-je demandé « à sa place, qu’est-ce que j’aurais fait ? »

Dès les premières pages un élan de curiosité m’emporte, et j’ai du mal à lâcher le livre tant j’ai envie de voir où l’auteur va nous emmener : « allez, juste un dernier chapitre et après je vais me coucher ». Une promesse difficile à tenir. Ce roman m’aura fait passer par toute une palette d’émotions : j’ai envié la chance de Pascal Mandragout, j’ai éprouvé de la peine pour lui, je l’ai trouvé idiot, capricieux, parfois même détestable, mais toujours en me demandant ce que j’aurais fait à sa place.

De l’ascension à la chute, on suit ce personnage dans son exploration effrénée des possibles jusqu’à trouver avec lui une forme de sagesse, un sens nouveau dans le chaos d’un quotidien progressivement dissous derrière l’éclat aveuglant du Grand Rêve.

En somme, un très bon moment de lecture. Un roman prenant, parcouru de questionnements existentiels, à dévorer sans retenue !

Si tu veux en savoir plus sur ce roman, tu peux directement te rendre sur le site de la maison d’édition Nombre 7 : https://librairie.nombre7.fr/roman/2483-5-15-19-43-47-9782381536378.html?search_query=corric&results=1

Je te souhaite de belles lectures, et te dis à bientôt !

Marie.

Le Carnet de Lecture

Pour bien commencer l’année, j’avais envie de consacrer un article à un système que j’ai (re)découvert il n’y a pas très longtemps, et qui m’aide tous les jours à mettre un peu d’ordre et à consigner des choses qui me paraissent importantes : je te parle du carnet de lecture ! (ou journal de lecture, carnet de lecteur, appelle-ça comme tu préfères).

Tu le sais probablement déjà, mais la littérature (et tout ce qui tourne autour du Livre en général) me passionne au plus haut point. Et dans le cadre de la lecture, je ne compte plus les fois où je me suis fait la réflexion suivante « c’est dingue, j’ai lu ce livre il y a quelques années/mois/semaines à peine, et je ne m’en souviens presque plus ! Impossible d’en faire le résumé détaillé, j’ai tout (ou presque) oublié ! » Quelle tristesse, quel gâchis ! Est-ce que toi aussi, tu te fais ce genre de remarques ? Réjouis-toi, parce qu’aujourd’hui on va parler d’une solution qui va te changer la vie (oui oui, rien que ça). Parce que le carnet de lecture est un système tout bête et tellement pratique, il serait dommage de s’en priver. De plus, si comme moi tu es un/e serial lecteur/trice, grand/e adepte du bullet journal ou encore papeterie-addict, alors là, crois-moi, ça va te plaire.

Bien sûr, il existe plein de façons différentes de faire, ce que je m’apprête à te présenter là n’est que l’organisation que j’ai choisi d’adopter et qui, pour l’instant en tout cas, correspond à mes besoins.

Mon carnet de lecture

Comme pour mon BuJo, j’ai choisi d’utiliser un carnet de la marque Leuchtturm, avec des pages « pointillées » pour pouvoir m’amuser à faire de belles mises en pages lorsque le cœur m’en dit. Quand on l’ouvre, on tombe en premier lieu sur une double-page de sommaire, qui est déjà intégrée dans les carnets Leuchtturm, je trouve ça pratique. J’y répertorie les grands repères de mon cahier (nouvelle année, nouveau mois, pages spéciales etc.) pour pouvoir tout de suite m’y retrouver. Ensuite, c’est un peu au feeling ! J’ai choisi de commencer par une double-page « wish-list« , que je viens régulièrement mettre à jour en ajoutant les livres que j’aimerais m’offrir, et en cochant sur la liste ceux que je me suis procurés.

J’admet que mon carnet de lecture ressemble plutôt à un journal de bord de mes activités autour du Livre, presque comme un BuJo spécialisé, c’est pourquoi on n’y retrouve pas seulement des comptes-rendus de lectures et des citations recopiées bien sagement. En effet, pour chaque nouveau mois, je me réserve une page avec deux colonnes que je complète au fur et à mesure : une pour les livres lus dans le mois, et une pour ceux achetés dans le mois. Ca me permet d’établir une sorte de « suivi ». Je me suis aussi amusée, pour l’année 2021, à faire une page spéciale avec mes objectifs de lecture de l’année : nombre de livres à lire, participation à des challenges de lecture, diversité des genres lus et des auteurs… Enfin, on trouve dans ce carnet des double-pages spéciales dédiées à mes lectures faites dans des cadres précis : récemment, le Pumpkin Autumn Challenge, et le Cold Winter Challenge (toujours en cours).

Pour ce qui est des comptes-rendus de lecture (parce que c’est quand même pour ça qu’on est là !), ils viennent à la suite, parmi tout ce qui a été mentionné plus haut. Pour chaque livre je procède de la manière suivante : titre en gros/gras/souligné, avec le nom de l’auteur, en dessous je note les dates auxquelles j’ai commencé à lire et terminé, puis quelques mots clés qui décrivent en fait souvent le genre littéraire, ou alors le sujet. Parfois j’ajoute quelques informations complémentaires que je pense être utiles : par exemple pour le premier tome de La Chronique des Bridgerton, je précise que je lis le livre après avoir regardé la série Netflix, parce que je sais que c’est le genre de choses qui peuvent influencer mon ressenti de lecture. Le reste de la place, je l’utilise pour noter mes impressions au fil de la lecture, pour retenir des passages marquants ou inspirants, des citations… Même si ces notes sont en général relativement courtes au final, elles me permettent de garder un souvenir frais de ce que j’ai lu et elles me donnent déjà de la matière pour rédiger plus tard une éventuelle chronique. C’est toujours bien de garder une trace !

Alors bon, tu pourrais penser (et tu aurais raison) que là, avec tout ça, on est déjà pas mal. Mais c’est sans compter sur le fait que je suis une grande malade ! Voici donc en bonus le petit carnet qui vient s’ajouter en complément de tout ce qu’on vient de voir, la cerise sur le gâteau à cinq étages, la goutte d’eau qui fait déborder le vase qui fuit, j’ai nommé…

Le Carnet Pile à Lire (si si)

Parce que oui, j’en suis arrivée au stade ô combien critique où j’ai tellement de livres à lire chez moi que je ne m’y retrouve plus. Le carnet pile à lire m’aide à y voir un peu plus clair dans tout ça (et aussi à constater l’ampleur des dégâts). Pour celui-ci, j’ai simplement utilisé un petit carnet qui trainait chez moi, tout neuf, et que je trouvais joli. Cette fois les pages sont lignées, c’est plus pratique pour ce que je veux en faire.

Avant toute chose, je dois te dire que ce système, ce n’est pas moi qui l’ai inventé. Je l’ai découvert grâce à Margaud Liseuse, qui parle de livres avec passion et que j’adore écouter. Tu trouveras son blog ici : https://margaud-liseuse.com/ et la vidéo où elle présente ce système de classement, qu’elle tient elle-même d’une autre blogueuse il me semble, (à partir de la 43ème minute) ici : https://www.youtube.com/watch?v=plhzLo1eLLU&list=WL&index=104&t=2027s Va donc jeter un œil à ce qu’elle fait, tu verras c’est génial (et puis ses vidéos « tranches de vie » sont toujours toutes douces ! )

Revenons à notre sujet : je vais t’expliquer en quoi consiste ce fameux carnet pile à lire. Ici donc, il va s’agir de dresser la liste, à actualiser au fur et à mesure, des livres que j’achète et que je lis, pour suivre l’évolution de la pile à lire. Le système est on ne peut plus simple, tout en te donnant un aperçu clair et rapide de ce qu’il te reste à lire etc. Admettons que je commence mon carnet en ce mois de janvier 2021 : sur le haut de la première page je vais simplement noter l’année, puis je vais lister ci-dessous tous les livres que j’achète au cours de l’année. A chaque fois que j’en achète un, je viens ici l’ajouter à la liste, c’est devenu un petit rituel. J’indique juste le titre et le nom de l’auteur, ça tient sur une seule ligne. Et ainsi de suite. Quand on passera à l’année suivante, je sauterai une ligne, marquerai « 2022 » et poursuivrai ma liste avec les livres qui seront achetés au cours de l’année 2022.

En mauve, livres lus en 2020. En bleu, livres lus en 2021. Sur la page de droite, on voit le début de la liste des achats de 2021.

Je me garde quand même la première page (ou la dernière, c’est selon) pour y indiquer une sorte de petite légende qui sert pour mettre en place l’aspect « suivi » du carnet, un code couleur que j’utilise pour barrer proprement les livres lus. Je m’explique : pour mon carnet commencé en 2020, j’ai choisi de rayer les titres lus en 2020 au stabilo mauve. En 2021, je suis passée au bleu. C’est comme ça que j’actualise progressivement la liste. Et si jamais j’enlève un livre de ma pile à lire parce qu’il ne me fait plus envie (ça arrive de changer d’avis !), je le barre en rouge pour signifier « retiré de la PAL ». Ce système me permet, avec un rapide coup d’œil, de savoir s’il me reste beaucoup à lire, mais aussi de retrouver les lectures faites pendant une année (utile par exemple pour faire un top des lectures de 2020 !) Et aussi, ça me permet de comparer, de repérer des livres qui resteraient dans ma pile à lire depuis plusieurs années…

Encore une fois, ce système n’est pas de moi mais il est tellement pratique qu’il fallait que je te le présente ! Et puis bon, c’est si satisfaisant de voir les pages de titres se retrouver petit à petit rayées de toutes les couleurs…

Bon, clairement, cet article est bien plus long que ce que j’avais estimé au départ. J’espère en tout cas qu’il t’aura plu et, pourquoi pas, donné des idées pour faire un carnet de lectures !

A bientôt,

Marie.

Ma pile à lire pour le Cold Winter Challenge

Ces derniers mois j’ai eu, comment dire, une révélation : j’adore les challenges de lecture ! Après avoir coulé un automne délicieux et riche en découvertes avec le Pumpkin Autumn Challenge, je m’apprête à célébrer ce bel hiver qui arrive avec le Cold Winter Challenge. Cette année, c’est L’Enluminée (https://www.instagram.com/enluminee/?hl=fr) qui reprend le flambeau et qui nous a concocté de supers menus de lectures, toutes les explications sont données dans sa vidéo YouTube que tu peux aller voir juste ici : https://www.youtube.com/watch?v=mXLXRXA7ONA

Le principe est toujours le même : valider les différentes catégories (les fameux « menus ») en lisant des livres qui te plaisent, pour profiter au mieux de cette si belle saison qu’est l’hiver : flocons virevoltant dans le vent, plaid et chocolat chaud, petits sablés aux épices de Noël… Si jamais ce challenge de lectures hivernales t’intéresse, viens nous rejoindre sur le groupe Facebook dédié, tu y trouveras toutes les infos nécessaires mais aussi plein d’inspirations différentes pour constituer ta petite pile à lire de bonheur. Pour ma part, je me réjouis à l’idée de participer pour la première fois au Cold Winter Challenge et de pouvoir te présenter aujourd’hui, à la veille du premier jour du défi, ma sélection de livres !

Avant toute chose, je dois te prévenir qu’il me manque deux romans que je n’ai pas encore pu récupérer, et que tu ne pourras donc pas voir dans les photos qui vont suivre. Il s’agit de Lumière d’Eté, Puis Vient la Nuit de Jon Kalman Stefansson, et du Royaume Assassiné d’Alexandra Christo. Ca ne m’empêchera pas de te les présenter dans la sélection bien sûr, mais je suis tout de même déçue de les avoir en retard parce que j’avais vraiment envie d’en profiter pour te parler, avec Le Royaume Assassiné , de mon amour grandissant pour les éditions De Saxus (https://www.instagram.com/desaxus/?hl=fr) qui se démènent pour publier des livres d’une beauté rare et avec toujours des univers et des histoires incroyablement envoûtants… Tant pis pour cette fois alors, ce n’est que partie remise !

Sans plus attendre, je vais donc te présenter ma sélection de livres avec leurs catégories associées, en espérant que tu y trouveras de l’inspiration pour tes propres lectures ! Comme toujours, je peux te promettre que je n’ai glissé que de bonnes choses, bien que très variées, dans notre douce liste.

Magie de Noël

Under the Misletoe (romance de noël, feel good en rapport avec la période des fêtes):

Noël à la Librairie des Coeurs Brisés, de Annie Darling.

Raclette (famille, amis, secrets):

Un Manoir en Cornouailles, de Eve Chase.

Danse de la fée Dragée (rêve, onirisme, fantasy, fantastique):

Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Carroll.

Hiver Mystérieux

Yule (mythologie, légendes, divinités):

Le Royaume Assassiné, d’Alexandra Christo (manquant).

Reine des Neiges (femme de pouvoir, féminisme, sorcières):

Les Sorcières de Pendle, de Stacey Halls.

New Year, New Me (métamorphose, transformation, évolution):

La Servante Ecarlate, de Margaret Atwood.

Marcher Ensemble Sous la Neige

Rennes du père noël (animaux, nature, écologie):

Fruits Basket, Tome 2 (perfect edition).

Aurore Boréale (aventure, périple, voyage):

Nevernight, Tome 1, de Jay Kristoff.

Carol of the Bell (roman choral, avec plusieurs points de vue):

Lumière d’Eté, Puis Vient la Nuit, de Jon Kalman Stefansson (manquant).

Hiver Obscur

Fantômes des Noëls Passés (fantômes, voyage à travers les époques):

Stella, de Cyril Bonin.

Frissonner sous un plaid (horreur, thriller, suspens, épouvante):

Le Tour d’Ecrou, de Henry James.

Nuit du Solstice (livre de moins de 300 pages):

Horrora Borealis, de Nicolas Feuz.

Au Chaud Devant La Cheminée (menu bonus)

Grands Enfants (livre jeunesse):

La Passe-Mirroir, Tome 1, de Christelle Dabos.

Vitrine de Noël (lecture graphique/illustrée, sur Noël, l’hiver):

Soeurs d’Ys, de M.T. Anderson et Jo Rioux.

Chocolat Chaud (livre qui apporte du bien-être):

Comment ne pas Faire Pitié à Noël Quand on est Célibataire, par Joanna Bolouri.

Voici donc mes compagnons pour cet hiver ! Bien sûr, il est tout à fait probable que cette liste évolue au cours des prochaines semaines, des prochains mois (on n’est jamais à l’abri d’une belle découverte ! Et je craque si facilement…). Dans cette sélection, j’ai placé deux romans de chick litt’, ce qui constitue un petit défi à part entière pour moi puisqu’il s’agit d’un genre avec lequel je suis très peu familière (manière de dire que je n’en ai encore jamais lu !). J’ai aussi essayé d’intégrer autant que possible des livres qui se trouvaient dans ma pile à lire générale depuis un moment déjà, et pour lesquels j’attendais « le bon moment » pour enfin les lire. Pour certains, il aura fallu ruser un peu voire jouer sur les mots pour parvenir à les faire entrer dans une catégorie mais peu importe au final : en cette période troublée, et qui s’annonce en plus très chargée à la librairie (Noël approchant), j’avais envie de remplir mon temps libre de lectures qui me font envie, que chacune d’elle soit comme un véritable cadeau que je m’offre, un moment suspendu, loin du temps, loin de tout, au cours duquel je me laisse rêvasser entre les lignes imprimées.

Et toi alors, est-ce que tu participes au Cold Winter Challenge cette année ?

Rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles,

Marie.

Pumpkin Autumn Challenge : compte-rendu à mi-parcours

Comme promis, je reviens avec un nouvel article pour te parler, après un mois et demi de challenge, des lectures qui se sont révélées être de véritables coups de cœur pour moi. Sans surprise, on ne trouvera dans cette sélection quasiment que du roman (mon genre de prédilection absolue !) mais aussi, et ça je m’y attendais un peu, un certain album de BD qui m’avait bien trop attirée dès le départ pour me laisser sur une note tiède par la suite…

Notre petite sélection du jour !

La Maison Hantée, par Shirley Jackson

Commençons par un de mes plus gros coups de cœur de ce début d’automne, j’ai nommé La Maison Hantée ! (Oui, bon, bon, c’est un grand classique du genre, mais on ne peut pas toujours tout connaitre ! Et heureusement d’ailleurs, ce serait d’un ennui…) Ce roman, donc, a été une très belle découverte pour moi : j’admets avoir craint au départ, à la vue du résumé qui semblait présenter les ingrédients habituels de ce type de récits d’épouvante à la limite du cliché, de ne lire une histoire que trop connue, du vu et revu mille fois, avec les mêmes ressorts d’intrigue et suspens qu’on retrouve partout au point de pouvoir les prédire… Et pourtant, quel roman ! Même si certains éléments du récit ne paraissent pas présenter de véritable originalité, rien ne saurait faire obstacle au talent diabolique de Shirley Jackson pour nous effrayer ! Dès les premières pages, un sentiment diffus de malaise nous gagne à l’approche de cette maison redoutée et à la réputation si inquiétante. Et ce sentiment ne nous lâchera plus, jusqu’au bout ! Le roman égrène un certain nombre de scènes et détails glaçants, parfois lâchés dans une conversation sur le ton de l’anecdote mais qui continuent, même une fois le livre refermé, à tourner en boucle dans l’esprit et à y former d’étranges associations… J’ai particulièrement aimé la fin du récit, qui se refuse à livrer tous ses secrets et qui m’a donc laissée la tête pleine d’interrogations, d’hypothèses… En quelques sortes, on pourrait dire que cette fin n’en est pas une, puisque plutôt que de clore l’histoire et d’en révéler les dernières zones d’ombre, elle laisse supposer qu’au contraire rien n’est terminé à Hill House et que les énigmes qui nous travaillent ne sont pas près d’être résolues.

En somme, un roman idéal pour les amateurs de frissons ! Tu peux également retrouver ma petite chronique de La Maison Hantée dans mon article https://blog.fnac.ch/livres/frissons-dautomne/

La Neuvième Maison, par Leigh Bardugo

On reste encore un peu dans le domaine de la peur, mais cette fois-ci avec un roman d’urban fantasy, le premier de Leigh Bardugo à destination d’un public adulte. Ici, magie noire et sociétés secrètes se mêlent dans le décor prestigieux de l’université de Yale. Alex Stern, fraîchement débarquée dans ce milieu qui lui est étranger, se retrouve à cause de ses dons surnaturels (la demoiselle voit et sait communiquer avec les fantômes) au centre d’une enquête complexe qui l’entrainera dans les sphères les plus obscures… Nourri de suspens, de péripéties en chaîne et de révélations, ce roman s’avère également très addictif pour son ambiance gothique à souhait, où la magie la plus noire et l’héritage de traditions gardées confidentielles se retrouvent enchevêtrés dans la brutalité du monde réel.

Je me suis tout simplement régalée à la lecture de ce roman qui fait office d’ovni livresque dans ma bibliothèque ! Je le recommande vivement.

Le Cercle du Dragon-Thé, par Katie O’Neill

Autre salle, autre ambiance ! Parce que les lectures de cette première partie du Pumpkin Autumn Challenge ne se sont pas uniquement constituées de violence, de noirceur et de cris épouvantés, (« RALLUME LA LUMIERE, JE CROIS QUE J’AI ENTENDU UN BRUIT !!! Ah non, non, c’est rien, c’est à cause de mon livre… »), voici la lecture la plus chou-mignonne-douce de mon automne : Le Cercle du Dragon-Thé ! Pour celui-ci, le coup de cœur était très largement prévisible. Bienvenue donc dans un petit univers merveilleux (j’ai failli écrire « moelleux », ça y est je m’emballe) où la vie s’organise autour de l’élevage et des soins apportés aux fameux « dragons-thé », de petites créatures de la taille d’un chiot et au design aussi adorable que farfelu, sur la tête desquelles poussent les feuilles de thé tant convoitées. Douceur et bienveillance au programme, nous suivons donc notre héroïne, au rythme des saisons qui parent l’album de couleurs changeantes, dans sa découverte du cercle du dragon-thé en compagnie de soigneurs passionnés… Quel moment tout doux, à siroter ma BD avec un chocolat chaud ! Mon seul regret finalement, c’est de ne pas pouvoir la lire une nouvelle fois pour la toute première fois.

Les Forestiers, par Thomas Hardy (lecture en cours)

Celui-là, je l’ai direct rebaptisé « ma lecture doudou de l’automne ». Dans la lignée de romans de légende tels que Orgueil et Préjugés , Jane Eyre ou Les Hauts de Hurlevent (pour ne citer que les plus connus), nous suivons dans Les Forestiers les tribulations amoureuses d’une jeune fille tout juste sortie de l’éducation, timide mais intrépide, oscillant dangereusement entre le « devoir » et la passion, entre une destinée qui lui est déjà toute tracée et l’appel irrésistible de l’inconnu… Sensible, fiévreux, tragique, le roman explore les recoins insondables du cœur humain dans un décor à la poésie irréprochable, cette forêt vivante et si expressive dont les aspects changeant semblent vouloir mimer les mouvements des sentiments, le théâtre où se mêlent les nœuds imprévisibles du destin. C’est un vent frais qui souffle entre les pages de ce roman mélancolique, où il fait bon revenir méditer à l’ombre des grands arbres.

Et comme ce roman est venu se greffer en cours de route à ma pile à lire et que je n’ai donc pas eu l’occasion de le présenter dans un de mes précédents articles sur le Pumpkin Autumn Challenge, voici un extrait de la quatrième de couverture :

« Quoi de pire, pour une jeune femme émancipée par les études, que d’avoir son avenir tracé au cordeau par un père qui n’envisage pas une seule seconde qu’il puisse en être autrement ? Lorsque Grace Melbury revient dans son hameau natal, il est clairement dit qu’elle devra épouser un homme que tout attache à cette contrée solitaire. La jeune femme, elle, a découvert, hors des frontières de son village, une existence où la notion de libre arbitre a un sens. Portée par ses nouvelles aspirations, elle suivra, dans la colère et l’affrontement, une tout autre route que celle des sentiers battus. Quitte à se perdre… »

J’espère que ce compte-rendu coup de coeur t’aura plu ! En attendant le prochain, tu peux aller jeter un œil à mes précédents articles sur le Pumpkin Autumn Challenge pour trouver de l’inspiration pour tes lectures !

À bientôt,

Marie.

Pumpkin Autumn Challenge – seconde partie de ma pile à lire !

Chose promise, chose due ! Je reviens donc, alors que ce premier mois du challenge est déjà bien entamé, pour te présenter d’autres belles lectures qui vont m’accompagner tout au long de cet automne !

Bien entendu, je laisse toujours de la place pour les trouvailles : ainsi, j’ai tout récemment découvert Comment Ecrire de la Fantasy et de la Science-Fiction par Orson Scott Card, publié chez Bragelonne dans la collection essais. Tu peux le retrouver ici : https://www.bragelonne.fr/catalogue/9791028102807-comment-ecrire-de-la-fantasy-et-de-la-science-fiction/ Dans cet essai, qui m’a l’air vraiment très intéressant, l’écrivain nous donne tout un tas de conseils et petites astuces pour aborder l’écriture d’une œuvre de SFFF. Je pense l’ajouter à ma pile à lire du challenge et me plonger entre ses pages très rapidement ! De même, j’attends avec une grande impatience la sortie, fin octobre, du premier tome de la trilogie NeverNight de Jay Kristoff, chez les éditions De Saxus !

Mais à présent, passons à la sélection du jour ! Cette fois-ci aussi, j’ai essayé de te proposer des ouvrages variés afin de satisfaire tous les goûts, toutes les envies. BDs et romans graphiques, du roman, et même un documentaire ! J’espère que tu y trouveras de l’inspiration pour tes prochaines lectures.

La petite pile à lire du jour, toute en couleur !

Midnight Tales, tome 1 : Grâce à son format original (plusieurs récits tracés de la plume de différents artistes), le premier tome de cette série nous embarque pour de petites aventures autours du fameux « Ordre de Minuit », congrégation secrète de sorcières à travers le monde. On y (re)découvre des créatures et lieux légendaires, un régal !

« Quatre bandes dessinées, une nouvelle littéraire et du contenu encyclopédique pour se plonger dans les retranchements de notre réalité, là où les ombres sous notre lit grouillent d’inconnu, de cités érodées par l’oubli et de créatures dont le seul nom évoqué à voix haute provoque la folie. Alors, munissez-vous d’un talisman efficace, et méfiez-vous des coins sombres où le moindre pas de côté peut être fatal. Ne vous étonnez pas, surtout, qu’à la fin de cette lecture, votre réalité ne soit plus tout à fait la même, quand le ciel se peuplera de grands anciens ailés les nuits de pleine lune. »

Du côté de la BD …

Le Cercle du Dragon-Thé, par Katie O’Neill : Je n’ai pas encore eu le temps de dévorer celui-ci, mais cet ouvrage est clairement le tout prochain sur ma liste ! J’ai été charmée au premier coup d’œil par la douceur de ses illustrations toutes colorées comme des petits bonbons acidulés, mais aussi par l’originalité de l’histoire et par la bienveillance qu’il dégage. Il est recommandé pour les 9-12 ans en particulier mais si tu veux mon avis, il n’y a pas d’âge pour s’émerveiller …

« Greta, apprentie forgeronne, découvre une petite créature perdue sur la place du marché. En ramenant le dragon-thé chez lui, elle va rencontrer les deux propriétaires du salon de thé : Hesekiel et Erik. Ces derniers vont alors l’initier à l’art délicat du soin aux dragons-thé. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec eux et avec la timide Minette, Greta va découvrir l’étendue de cet art et comment les dragons-thé enrichissent leurs vies.« 

Monstress, tomes 1 et 2, par Marjorie Liu et Sana Takeda : Acheté il y a quelques temps maintenant dans une merveille de librairie à Stockholm lors d’un voyage, c’est enfin l’occasion de me lancer dans la lecture de ce comics, qui m’avait séduite par la beauté de ses illustrations, grâce au Pumpkin Autumn Challenge !

« Mélange de steampunk et de Kaiju, ce récit se déroule dans une Asie uchronique du début du XXe siècle, dans un univers influencé par le style Art déco. Maika est une jeune adolescente qui partage un lien psychique avec un monstre aux pouvoirs incommensurables. Et ce lien va profondément les affecter tous les deux. Il va placer Maika au centre d’une guerre terrible entre les Humains et des forces issues d’un autre monde…« 

Et du côté des romans/documentaires …

La Maison Hantée, par Shirley Jackson : Un classique du genre, pour les amateurs de frissons, de romans gothiques et d’histoires de fantômes !

« Construite par un riche industriel au XIXeme siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n’est plus habitée par ses propriétaires. On la dit hantée. Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. C’est ainsi qu’Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. L’expérience peut commencer. Mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent … »

L’Horreur à Dunwich, par H.P. Lovecraft : Il fait toujours bon avoir un peu de Lovecraft dans sa pile à lire ! Avec ce court récit (177 pages pour l’édition que je possède), le fantastique et l’horrifique se mêlent une nouvelle fois.

« Dans le village isolé de Dunwich vit l’énigmatique Wilbur Whateley. Fils monstrueux d’une femme difforme et d’un père inconnu, sa naissance et son enfance marquées par d’étranges évènements, Wilbur grandit à une allure anormale. Rejeté par ses semblables, craint par les bêtes, il n’inspire que méfiance et dégoût. Initié par son grand-père à la sorcellerie, Wilbur s’aventure toujours plus loin sur la voie de l’horreur, aidé par le grimoire maléfique qui est à la fois l’objet de sa quête et un passage vers des mondes sinistres et terrifiants : le Necronomicon… »

Les Sorcières, Une Histoire de Femmes, par Céline du Chéné : Et voici un documentaire très intéressant, historique et féministe, qui retrace l’Histoire de la Femme à travers le spectre fantasmé et parfois craint de la figure de la Sorcière … Des procès de sorcellerie du moyen-âge jusqu’aux représentations faites par le cinéma, et enfin jusqu’au symbole de revendication et d’empowerment que l’on connait aujourd’hui, ce livre nous invite à découvrir la grande aventure de la sorcière à travers les âges !

« C’est une histoire de femmes dont les pouvoirs dérangent. Fascinante et attirante pour certains, dangereuse et maléfique pour d’autres, la sorcière a toujours peuplé notre imaginaire collectif. Qu’on lui prête un balai, des potions magiques ou une sexualité débridée, elle suscite tous les fantasmes. Autrefois traquée et brûlée, elle est aujourd’hui une femme de savoir, indépendante et puissante. Mais quel est le lien qui les unit ? Céline du Chéné est allée à la rencontre des sorcières. Elle a recueilli leurs paroles auxquelles se mêlent celle d’historiens, de chercheurs, d’anthropologues, mais aussi de dessinateurs, de critiques de cinéma ou de danseuses … »

Il est encore un peu tôt pour te faire un premier compte-rendu de lectures, mais ça avance, ça avance ! Tu pourras d’ailleurs bientôt retrouver sur https://blog.fnac.ch/expert-litte-polar/marie_allaman/ ma petite chronique de lecture pour La Neuvième Maison de Leigh Bardugo, et pour Shades of Magic de V.E. Schwab, en attendant d’avoir un retours sur une plus large sélection de livres ici !

Je te souhaite de belles lectures et te dis à très bientôt !

Marie.

Pumpkin Autumn Challenge – Première partie de la pile à lire !

 

Cette année, je participe pour la première fois à un challenge de lecture que tu connais peut-être : le Pumpkin Autumn Challenge, et j’en suis toute excitée ! C’est pourquoi je te retrouve pour ce nouvel article, qui inaugure une petite série autour du Pumpkin’, et dans lequel je vais te présenter la première partie de ma pile à lire. Peut-être y trouveras-tu de l’inspiration pour la tienne !

 

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Le Pumpkin Autumn Challenge, mais qu’est-ce que c’est ?

Faisons les choses dans l’ordre : connais-tu le Pumkin Autumn Challenge ? Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un challenge de lecture initié il y a quelques années par Guimause Terrier (tu trouveras son blog ici ), et qui présente la particularité d’avoir pour thèmes tout ce qui touche à l’automne et à Halloween (amateurs de SFFF, horreur, gothique, magie etc… ce challenge est pour vous !). Le but du jeu est de choisir toi-même les livres que tu vas « devoir » lire, en essayant de les faire coller aux thématiques proposées (elles sont nouvelles chaque année). C’est toi aussi qui choisis comment tu vas valider ton challenge et combien de lectures il va te falloir pour cela, bref, c’est un défi totalement personnalisable pour te faire plaisir et enchanter ton automne !

Le challenge commence le 1er septembre et dure jusqu’à fin novembre, tu peux donc tout à fait nous rejoindre en cours de route si l’aventure te tente ! C’est l’occasion de rencontrer une communauté très sympa, unie autour d’une passion commune, avec laquelle on peut échanger et se faire découvrir mutuellement de nouvelles idées de lectures.

Si tu veux toutes les infos pour te lancer, tu devrais jeter un coup d’œil à la vidéo YouTube de Guimause réalisée spécialement pour l’édition 2020 du challenge. Tout ce que tu as besoin de savoir s’y trouve. Je te mets le lien juste ici .

stephen is the king !

Et maintenant, passons à la pile à lire !

Dans ce premier article, je vais te présenter les 6 premiers titres qui figurent dans ma P.A.L. du Pumpkin Autumn Challenge. La suite viendra dans un prochain article, étant donné qu’il m’en manque encore plusieurs et que je me laisse la liberté d’augmenter cette pile de lectures au fur et à mesure de l’automne, suivant l’inspiration et les nouveautés susceptibles de sortir en librairie pendant ce temps.

 

novels palShades of Magic, V.E. Schwab : Ce qui m’a attirée dans ce roman, premier tome d’une trilogie de fantasy young-adult, c’est l’univers qu’il dépeint, avec quatre mondes distincts et marqués par une magie particulière à travers lesquels nos personnages peuvent voyager. Tout un univers de magie très original, que j’ai hâte de découvrir ! « Un autre monde vous attend, là, de l’autre côté du mur… « Découvrez Shades of Magic, trilogie unanimement saluée par la critique, signée d’une jeune auteure prodige, V.E. Schwab. Elle y tisse un univers magique d’une grande originalité qu’elle peuple de personnages inoubliables, insolents de panache, pour le plus grand délice de ses fans. »

La Neuvième Maison, Leigh Bardugo : ici, place à de l’urban fantasy bien sombre et torturée, saupoudrée de sorcellerie et de nécromancie ! « A 20 ans, [Alex] est la seule survivante d’un massacre inexpliqué, et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Léthé. Cette entité, appelée « La Neuvième Maison », surveille les huit sociétés secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses… Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au delà de l’horreur… » 

Loin-Confins, Marie-Sabine Roger : Celui-ci, je l’ai choisi pour la place unique qu’il accorde à l’imaginaire et au rêve, pour sa nostalgie et sa tendresse sans limite, pour ce merveilleux de l’enfance qu’il ressuscite à travers les sagesses de l’âge adulte. « Il y a longtemps de cela, bien avant d’être la femme libre qu’elle est devenue, Tanah se souvient avoir été l’enfant d’un roi, la fille du souverain déchu et exilé d’un éblouissant archipel, Loin-Confins, dans les immensités bleues de l’océan Frénétique. Et comme tous ceux qui ont une île en eux, elle est capable de refaire le voyage vers l’année de ses neuf ans, lorsque tout bascula, et d’y retrouver son père. »

 

manga palMarry Grave, Hidenori Yamaji : Pour son côté halloweenesque, ses histoires de nécromancie farfelues et cet amour qui survit à tout ! « Dans un monde envahi par les gobelins, orcs, slimes et autres créatures féroces, Sawyer Riseman erre à la recherche des nombreux composants d’un puissant rituel magique capable de ramener les morts à la vie ! Son but : ressusciter sa femme, Rosalie, qui ne le quitte jamais puisqu’il la porte sur son dos dans son cercueil ! »

Little Witch Academia, Keisuke Sato : Pour sa couverture tellement colorée, ses graphismes tout mignons, et parce que les histoires de sorcières on ne s’en lasse pas ! « Depuis qu’elle a assisté à un spectacle de magie de la grande Shiny Chariot, Akko n’a qu’une idée en tête : devenir un jour une sorcière aussi puissante et éblouissante que son idole. Pleine d’espoir, elle suit donc ses traces en s’inscrivant à la prestigieuse école de magie Luna Nova. Mais contrairement aux autres élèves, Akko n’est pas issue d’une famille de sorciers et ne sait même pas monter sur un balais… »

Ce Qui Vient La Nuit, Bétan, Rivero et Ascaride :  Alors celui-ci, c’est le petit ovni de ma pile à lire ! Un roman graphique de fantasy moderne qui tient (presque) dans la poche, et qui revisite le folklore breton… Il n’y avait que les éditions des Moutons Electriques pour y penser ! « Plonger l’épée au coeur des ténèbres, voilà le serment de Jildas lors de son départ en croisade. Lorsqu’il revient en Bretagne, il découvre que sur ses propres terres, les légendes du vieux monde sont encore là, nichées dans les forêts. Accompagné de Marie de France, une poétesse aux mots aussi acérés que sa lame, il traquera les loups qui ont pris forme d’homme. »

 

pumpkinsJ’espère que cette première sélection t’aura plu et qu’elle aura su, pourquoi pas, t’inspirer un peu pour tes prochaines lectures ! Pour les prochains articles de cette petite série sur le Pumpkin Autumn Challenge, je te promets quelques autres pépites de lecture, pour tous les goûts (ou presque). Si tu as des conseils livresques, si tu participes au Pumpkin’ ou si tu as des questions à ce sujet, n’hésite pas à venir en discuter dans les commentaires, ton avis m’intéresse ! En attendant, tu peux également me rejoindre sur Instagram pour plus de contenu, et venir découvrir mon précédent article : Le Rendez-vous d’Ecriture !

A bientôt,

 

Marie.

 

 

 

Le Rendez-vous d’Ecriture

 

C’est un rituel étrange et confortable, qui me rend nerveuse autant qu’il m’inspire.

On a pris l’habitude désormais : toutes les semaines, se retrouver à la même terrasse du même café, à la même table. On parle peu pour commencer. On s’abrite sous les parasols et après s’être observés à travers les volutes évaporées qui montent de nos tasses, (il aime le cappuccino, moi je préfère le thé à la menthe), on s’abandonne l’un l’autre, stylo au poing, on se préfère les mondes imaginaires qu’on a tracés sur des feuillets sans ligne. C’est OK. Toutes les semaines, on se donne rendez-vous pour écrire.

viennoiseries et café
Prendre des forces avant l’effort. (Photo prise par Jonathan Marc Le Ster)

C’est toujours lui qui lance le minuteur. Pour donner du rythme à la séance, on joue avec les règles de la méthode pomodoro. Ça donne plusieurs fois 25 minutes durant lesquelles personne n’a le droit de parler. C’est lui qui a apporté cette idée, moi j’ai tendance à faire les choses de manière désordonnée. Donc il lance le minuteur, il repose le téléphone au milieu, qui heurte la table dans un hoquet métallique. Entre nous, le décompte s’affiche sur l’écran.

C’est toujours pareil : lui il se met directement à écrire, il noircit des lignes et des lignes sans hésitation, jamais ou si rarement, on dirait que les idées s’enchaînent d’elles-même dans sa tête, comme si une petite voix complice les lui soufflait. Dès le chronomètre lancé, il écrit, écrit écrit, comme s’il avait suffi d’appuyer sur un bouton ON/OFF pour que ça se mette en marche. Parfois je le regarde faire et je le trouve déprimant.

Moi j’ai de la peine à démarrer. La page est toujours blanche quand on commence, j’ai du mal à y repérer le fameux point de départ. Des fois ça me prend dix minutes avant de le trouver. Dix minutes à regarder en l’air, à regarder les gens qui passent, qui font la queue pour une glace à l’italienne sur le trottoir d’en face, à suivre du regard la guêpe curieuse qui cherche le meilleur endroit où se poser. En face de moi la machine à écrire humaine ne cesse de crépiter des mots dans tous les sens, avalant sous sa plume toujours plus de papier. Je me demande comment il fait. Je me demande pourquoi moi je mets autant de temps avant de trouver l’inspiration. J’avais bien une idée en tête, mais les mots pour l’instant ne s’ordonnent pas de manière suffisamment originale. Lui il enchaîne des paragraphes et des paragraphes avec une voracité presque déconcertante. Mais comment il fait ?

Il y a une odeur de gaufres qui flotte dans l’air. Il faudra bien que je me lance. Je sors mon petit stylo à bille bleu. En temps normal j’écris au stylo plume, encre noire, mais aujourd’hui c’est un nouveau cahier, avec des pages en papier recyclé plus épais, granuleux, et j’aime sentir la pointe du stylo s’y enfoncer paresseusement quand j’arrondis une lettre. Ça fait partie de mes petites joies de l’écriture. Tout comme en lecture j’aime sentir l’odeur d’un livre en plongeant mon visage entre deux pages au hasard, passer mes doigts sur la tranche pour y sentir les craquelures de l’usure, lire le tout dernier mot avant le tout premier ; ici j’aime le bruit du stylo qui court sur la feuille, regarder se former malgré moi des constellations de ratures multicolores et effleurer du bout des doigts les reliefs de mon écriture gravée dans le papier.

Les minutes filent, défilent et cette fois j’écris. Sans conviction au départ, mais rapidement je me laisse emporter par mon propre élan et c’est une petite surprise à la fin de m’apercevoir qu’un véritable texte est né pendant ces quelques fois 25 minutes. Un texte pas tout à fait parfait, mais que je pourrai garder bien au chaud avant de lui trouver une place de choix quelque part.

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(Photo prise par Jonathan Marc Le Ster)

C’est étrange et difficile pour moi d’écrire à l’extérieur, et même tout bêtement d’écrire ailleurs que derrière mon bureau. Il y a tellement de distractions, plongée dans un micro-monde différent, une rue, une terrasse où ça fourmille de mille petits riens en permanence. Des bruits, des gens qui passent, un spectacle du quotidien qui ne s’arrête jamais. Rentrer dans sa bulle pour écrire, se forcer à ne pas trop en sortir pour ne pas perdre le fil… C’est ça finalement le but du jeu. C’est ce qui me demande toujours le plus de courage : faire abstraction du monde extérieur, oublier tout pour se plonger en soi-même et n’entendre plus que l’écho de ses propres pensées. Des pensées à travers le désordre desquelles on peut percevoir, à condition de bien tendre l’oreille, le murmure d’une idée de génie.

L’inspiration.

 

Marie.

Mes premiers coups de cœur du Grand Prix Des Lectrices Elle 2020 !

 

Bonjour bonjour !

Cette année, j’ai la chance de faire partie du jury du Grand Prix Des Lectrices du magazine Elle, édition 2020 ! (c’est la première fois que j’ai l’opportunité de faire un truc pareil, autant dire que je n’en suis pas peu fière !) C’est donc pour moi l’occasion de découvrir chaque mois une sélection variée des dernières nouveautés littéraires… un bonheur pour la passionnée que je suis !

Depuis le début relativement récent de cette aventure, j’ai donc endossé le rôle de chroniqueuse, en plus de ceux, déjà possédés, de libraire, apprentie autrice et relectrice pour l’édition, et c’est donc encore une nouvelle manière de pénétrer et explorer cet univers merveilleux qu’est celui du Livre

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un peu de cette équipée livresque à travers quelques premières chroniques, longues ou courtes, écrites dans le cadre du prix littéraire.

Bonne lecture !

 

Le Ghetto Intérieur, Santiago H. Amigorena

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« Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire. 

Ce roman raconte l’histoire de ce silence, qui est devenu le mien. »

 

À travers le Ghetto Intérieur résonne le grondement assourdissant d’un sentiment d’impuissance terrifiant face à l’horreur de ce que l’on nomma plus tard la shoah. L’intimité du point de vue nous fait entrer avec une efficacité douloureuse dans cette histoire familiale bouleversée, comme tant d’autres restées anonymes, parfois oubliées, par la part la plus sombre de l’Histoire.

L’auteur nous livre un cri, mais un cri muet, paralysé par la honte, la colère et la tristesse mêlées. Un chaos intérieur qui ne saurait se dire avec des mots, la révolte du corps qui à la puissance accablante de la douleur protéiforme oppose un silence absolu et déterminé, obstiné, une sorte de mort symbolique. Un refus ultime. Une négation. Car que sont les mots face à l’injustice totale, à la cruauté sans limite contre laquelle il n’est possible d’agir. Que sont-ils lorsque nous demeurons les spectateurs empêchés et immobiles d’abominations. Finalement, que peuvent-ils.

 

Des Hommes Justes, Ivan Jablonka

Attention, celui-là c’est mon énoooorme coup de cœur !

 

grand prix des lectrices elle 4« Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes. »

 

Et voici donc l’ouvrage que l’on attendait. Le nécessaire, l’utile, le juste. Un véritable texte féministe. Car le féminisme vrai, le seul viable, vise à une égalité entre les sexes, à abolir les dominations et les rapports d’exclusion de toutes sortes. Et c’est ce qu’Ivan Jablonka nous propose. Dans ce texte très documenté et clair, l’injustice millénaire faite aux femmes est bien sûr fortement décriée, en décortiquant avec minutie ses racines et ses conséquences jusqu’à nos jours, mais pas seulement : il est aussi question dans cet ouvrage de l’injustice faite aux hommes, la seconde face de la pièce qui accompagne forcément l’autre, en partant d’une idée toute simple : le sexisme ne nuit pas seulement aux femmes, nous en sommes tous, d’une manière ou d’une autre, les victimes.

Il nous démontre comment le sexisme, encore si bien établi dans nos mœurs, empoisonne la condition des deux sexes : car comment vivre heureux/ses dans une société où les unes sont considérées comme inférieures, inaptes, faibles et irrationnelles, et où les autres doivent à l’inverse sans cesse prouver qu’ils sont dignes d’une masculinité jugée privilège en s’interdisant de ressentir, de s’émouvoir, de faillir parfois, en ne connaissant que la force, la violence et la compétition comme manières de démontrer leur valeur en tant qu’individu, dans une société où toutes et tous enfin se construisent à travers une distribution inégalitaire des chances et des devoirs ?

Dans ce texte riche et parfois dur, nous montrant avec une honnêteté crue les injustices faites à tous et toutes, la violence de ces prisons de rôles dans lesquels chaque individu se retrouve enfermé et  accepte ou non ce sort liberticide et les conséquences qui en découlent, Ivan Jablonka parvient malgré tout à conserver un certain optimisme et lance des pistes, des encouragements, des appels pour faire évoluer les choses, nous rappelant que malgré tout, la condition et le bonheur de chacune et chacun demeure, toujours, entre nos mains.

 

Un Mariage Américain, Tayari Jones

 

grand prix des lectrices elle 1« Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain … à ceci près qu’ils sont noirs, dans un Etat sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner. Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de sa vie qu’on lui a dérobé … »

 

Lire Un Mariage Américain, c’est se laisser envoûter par une écriture puissante qui nous offre, à travers le jeu des points de vue changeants, une plongée au cœur d’une histoire complexe et douloureuse de laquelle ne peuvent finalement ressortir ni bons ni méchants. Chaque protagoniste s’y retrouve en lutte contre des obstacles judiciaires et moraux et tente de reprendre le cours de sa destinée avec la liberté, souvent bafouée, qui lui est due.

Dans ce roman où l’injustice tient, à bien des égards, le premier rôle, Tayari Jones a le don de nous plonger avec un réalisme et une sincérité saisissants dans la psyché de ses personnages et de faire entendre leurs points de vue, au-delà des circonstances qui les opposent, comme justes et légitimes.

Ce roman n’est pas de ceux que l’on voit passer sans en garder un vif souvenir, bien au contraire.

Suspendus aux lignes imprimées, c’est le vertige de destins bouleversés que nous contemplons, ces vies qui, touchées par un hasard cruel et déloyal, s’échappent sans retour possible. C’est le naufrage lent et irrémédiable d’existences ordinaires, leur dissolution dans les bras pernicieux d’une injustice abreuvée d’un racisme latent mais toujours présent.

 

Le Couteau, Jo Nesbo

grand prix des lectrices elle 2Harry Hole a réintégré la police criminelle d’Oslo, mais il doit se contenter des « cold cases » alors qu’il rêve de remettre sous les verrous Svein Finne, ce violeur en série qu’il avait arrêté il y a une dizaine d’années et qui vient d’être libéré.

Outrepassant les ordres de sa supérieure hiérarchique, Harry traque cet homme qui l’obsède. Mais un matin, après une soirée bien trop arrosée, Harry se réveille sans le moindre souvenir de la veille, les mains couvertes du sang d’un autre.

C’est le début d’une interminable descente aux enfers : il reste toujours quelque chose à perdre, même quand on croit avoir tout perdu. »

 

Jo Nesbo nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante aux côtés du charismatique Harry Hole, personnage haut en couleurs, aux mœurs parfois détonantes et doté d’un instinct redoutable.

Dans ce nouvel opus de la saga (qui compte ainsi son 12ème tome), nous retrouvons Harry Hole au pied du mur, enlisé dans une affaire qui l’affecte de la plus cruelle des manières et qui le place sur le banc des suspects autant que sur celui des victimes. En prise avec ses vieux démons, étourdi et sans repère au cœur d’un cauchemar éveillé, il doit, plus que jamais seul au monde, résoudre cette nouvelle enquête de laquelle dépend, d’une certaine manière, sa survie.

Dans ce polar saisissant, on se laisse volontiers guider par une intrigue riche de rebondissements et de coups de théâtre, et si parfois les cheminements et déductions auxquels elle souhaite nous conduire peuvent paraître un peu (trop ?) prévisibles, le charme opère malgré tout et le suspens nous porte avec facilité jusqu’au point final.

 

 

J’espère que cette revue livresque vous a plu ! D’autres suivront dans l’année pour vous présenter mes dernières découvertes faites dans le cadre du prix. En ce qui me concerne, ces deux premiers mois de lecture ont apporté leur lot de bonnes surprises, de coups de cœur, malgré quelques textes moins appréciés dont j’ai préféré ne pas partager la critique ici. Vivement la réception des prochains ouvrages !

En attendant, vous pouvez lire ma précédente chronique ici : Un vent de surnaturel a soufflé sur mon été !

Et vous pouvez venir me rejoindre sur Instagram !

Prenez soin de vous, lisez,

et à bientôt !

 

Marie.

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